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 I'm still alive ... without you feat. Keira

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MessageSujet: I'm still alive ... without you feat. Keira   Sam 2 Avr - 22:17


I'm still alive
  ft. ASHRAY & KEIRA



... without you

Cette ville était belle pour celui qui savait regarder. Pour un innocent, c’était un grand village assez vieux dirigé par quelques familles et où il ne se passait jamais rien. Sous l’œil de quelqu’un qui savait gratter la surface, Mystic Falls était un lieu plein de magie, d’histoire où les gens étaient beaucoup plus que ce qu’on pouvait penser. Ashray n’était pas venu par hasard ni pour l’endroit qui ne l’intéressait pas autant qu’il le devrait. Ce qui l’intéressait, c’était une future habitante, son ex-femme. Le vampire était arrivé sur ces terres en premier, espérant pouvoir profiter de l’avantage du terrain pour atteindre son but, récupérer enfin son fils. Cela fait presque deux ans qu’il n’avait pas vu son petit garçon son héritier. Souvent, il pensait à lui, se demandant comment il grandissait, ce qu’il avait appris et passait des nuits éveillé à craindre qu’il l’ait oublié ou qu’on l’ait remplacé.

Désormais, il en avait assez d’attendre et d’angoisser, torturé par des questions sans réponses. Ashray était un homme qui obtenait ce qu’il voulait, qui se sortait de toutes les situations possibles et qui avait survécu à une transformation catastrophique. La vie était faite de hauts et de bas, maintenant, il visait les sommets. Malheureusement, la providence semblait  avoir une dent contre lui. Les chasseurs avaient détourné son destin vers des cages loin, presque dans un autre monde de ténèbres. Ici, il n’avait pas toutes ses connaissances restées à New York, il n’était donc plus qu’un jeune vampire à la merci de ces humains armés qui voulaient imposer leur vision de la vie à toutes les créatures. Détestait-il les traqueurs pour ce qu’ils faisaient aux buveurs de sang sans la moindre distinction ? Non. Ashray les haïssait pour sa transformation. Non pas qu’ils soient responsables mais, apprendre que sa femme qu’il aimait en était une avant de se faire priver de sa vie par cette dernière.

Maintenant, il avait toutes ses journées pour penser à ça, assis dans une cave, les poignets et les chevilles enchaînées par les liens d’acide recouverts de verveine qui brûlait sa peau. Etre aussi affaibli le rendait fou mais, il fallait avouer qu’il ne pouvait pas jouer la carte de la force ici. Ces gens étaient des pros, sans doutes qu’ils en savaient plus sur les vampires que lui. La soif de sang l’empêchait de réfléchir normalement. Tout ce qu’il voulait, c’était sortir d’ici pour planter ses crocs dans la chair de n’importe qui. Même ses yeux bleu turquins fixés sur ses chaînes s’étaient assombris. C’était effarant de voir comment les chasseurs créaient eux-mêmes le monstre qu’ils traquaient. Si au début, il avait vainement essayé de s’échapper, il passait son temps assis sur le sol froid à ruminer, rageant contre le monde entier, cette vie de merde qu’on ne cessait de lui imposer. Ses cheveux blonds dorés étaient sales, sa peau couverte de traces de sang et à certains endroits de blessures ouvertes le faisant encore souffrir. L’ambiance de cette prison était étouffante, il n’y avait jamais un courant d’air rafraichissant porteur d’espoir, l’eau aussi était  inexistante. La crasse sur le sol lui donnait l’impression d’être un chien dans un élevage glauque, c’était presque s’il n’y avait pas des rats morts dans un coin.

Ashray avait perdu la notion de jour ou de nuit. Après tout, le soleil était un souvenir pas si lointain. Il ne savait donc pas combien de temps s’était écoulé depuis son arrivée ni quel moment de la journée lui offrit cette distraction d’une porte qui s’ouvrait. La scène était digne d’un film d’horreur, même la porte grinçait. Par contre, la jeune femme qui apparut n’était pas un monstre armé d’une hache. C’était la plus belle femme qu’il avait vue, celle qu’il avait courtisé, qu’il avait prise dans ses bras, qu’il avait réconforté et dont il avait essuyé les larmes, celle qui avait changé sa vie à deux reprises. La première fois, lorsque leur relation était devenue assez forte pour qu’ils décident de se marier, le faisant passer de l’état de petit garçon à celui d’homme accompli, le tout symbolisé par une alliance d’or qui n’avait pas quitté son doigt malgré tout, jusqu’à aujourd’hui. La deuxième fois, lorsqu’elle l’avait repoussé, condamné à l’exil pour quelque chose qu’il n’avait pas choisi. C’était donc difficile de dire ce qu’il ressentait à ce moment sans oublier que le sang lui manquait et que l’emprisonnait lui faisait tourner la tête. Puisqu’il n’avait rien à dire et ne savait même pas ce qu’il ressentait clairement, Ashray se contenta de détourner le regard, fixant de nouveau ses chaînes comme si la porte de s’était jamais ouverte.


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Dernière édition par Ashray Kerrigan le Mar 16 Aoû - 20:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Lun 4 Avr - 12:24


I'm still alive ... without you.
Cela avait toujours été comme ça. Keira avait toujours tout eu. A croire que la chance lui souriait toujours. C'était ce que tout le monde pensait : Née riche, de bonne famille, jolie, qui réussit des études de médecine, qui se marie, qui a eu des enfants. Keira n'avait jamais eu l'occasion de se rendre dans ces réunions où tous les anciens élèves se retrouvaient. Nul doute que quelques uns la jalouserait encore de sa situation, et estimeraient cela injuste : Pourquoi tout réussit à certaines personnes, tandis que d'autres y échappent ? C'était ainsi fait, tout simplement. En parallèle, Keira ne s'estimait pas la plus chanceuse du monde. Ce qui pouvait en agacer certains, et à raison … Mais on pouvait comprendre. Perdre sa mère à un jeune âge, ce n'était pas avoir de la chance. Perdre son frère quelques années après, ce n'était pas avoir de la chance. S'entendre mal avec son père, recevoir toute la pression possible pour réussir professionnellement parlant, pour ne pas faire de vague et assumer le rôle de chasseur que son frère ne pouvait plus faire, avoir un mari qui est mort dans un accident, puis rescuscité en une créature qu'on a appris à détester depuis le plus jeune âge, se voir menacée par les siens, contrainte à abandonner celui avec qui on avait promis de partager ses jours, contrainte à assumer une nouvelle grossesse seule, et devoir assumer son rôle de parent en solo. Sauf que tous ces éléments-ci ne se percevaient pas à la surface. Keira y avait toujours veillé. C'est pourquoi, on gardait d'elle l'image de la fille parfaite qui avait tout pour elle. Tout pour réussir. Tout pour être heureux. Tout pour ne jamais se plaindre de quoique ce soit.

Les mois s'étaient écoulés, à la fois trop lentement et trop rapidement. Contrairement avec ce qu'elle avait vécu avec Tyron, la grossesse de Brooklyn lui avait paru incroyablement longue. Elle avait essayé, autant qu'elle l'avait pu, de continuer à exercer. A un moment donné, elle avait été contrainte de prendre une pause. Suite à cela, la jeune femme avait eu le temps de comprendre la situation délicate des mères célibataires. Pourtant, elle avait les moyens de se payer quelqu'un pour l'aider. Mais elle tenait à s'en occuper, les premiers mois. Et seule, ce n'était pas toujours évident. Pour preuve : Keira ne pleurait jamais. Un soir, cependant, elle avait craqué, pour cause d'épuisement. Comme bon nombre de parent. Ce qui lui pesait énormément, en vérité, s'avérait plutôt l'absence de son mari. Ashray. Les premiers temps, cela s'était avéré difficile, mais elle tenait bon, grâce à Tyron, qui le lui rappellait tant. A ce moment-là, il s'agissait d'une bonne chose. Plus le temps passait, plus cela devenait écrasant. En grandissant, il lui ressemblait de plus en plus, même trop. A chaque fois qu'elle posait les yeux sur lui, elle revoyait l'image d'Ashray, qui lui rappelait sa situation et ce qu'elle avait fait. D'autant plus que son fils n'avait rien oublié, et le réclamait, par moment. Comment pouvait-elle lui expliquer ? Comment lui faire comprendre qu'elle le voulait également, mais ne pouvait pas accéder à sa demande ? Même si elle avait souhaité le retrouver, juste avant la naissance de Brooklyn, cela n'avait pas été possible. Si elle avait disposé de tout son temps, et s'en était occupée elle-même, elle aurait peut-être pu retrouver sa trace. Seulement, dans le cas contraire, la mission se révélait irréalisable. Ce qui symbolisait une bonne chose, d'un côté. Les autres chasseurs ne pouvaient pas remonter jusqu'à lui, et il restait ainsi sain et sauf. Tout ce que Keira espérait. Mais cela voulait dire continuer de vivre sans lui. Elle essayait de se résigner, et ce, depuis plusieurs mois. Keira croyait y arriver, puis finalement, un détail lui montrait bien qu'il n'en n'était rien. Retour à la case départ.

Keira croyait qu'en s'éloignant, qu'en quittant cette maison qu'ils avaient partagée, cela s'arrangerait. Elle ignorait alors à quel retournement de situation elle allait faire face. La jeune femme avait fait quelques sauts à Mystic Falls, histoire de préparer son arrivée. A cette période, ils ne l'avaient pas encore attrapé. Quelques jours après son arrivée officielle, l'un de ses collègues, qu'elle connaissait depuis un moment, avait choisi de venir en personne lui annoncer la nouvelle. Ils l'avaient retrouvé. Sa main, qui maintenait alors un carton, s'était mise à trembler – heureusement cachée aux yeux de son interlocuteur. Si elle avait paru troublée, dans un premier temps, cela s'était dissipé et elle avait repris son air habituel : Impassible, détaché. Froid. Suffisant pour convaincre. La nuit, elle n'avait fait qu'y penser, ressasser. Aux premières lueurs de l'aube, elle se retrouvait devant la maison. Et quelques minutes plus tard, elle descendait les marches, jusqu'à atteindre l'endroit qu'elle souhaitait.

Ses pas se faisaient prudents, presque silencieux. La chasseuse avançait à tâtons, par crainte de ce qu'elle avait découvrir, par appréhension. Beaucoup de pensées lui traversaient l'esprit, jusqu'à ce qu'elle se retrouve nez à nez avec la porte. Cette porte qui la séparait de son mari, qu'elle n'avait pas vu depuis plus d'un an et demi. Elle n'arrivait pas à y croire. Cela semblait trop éloigné de son monde, trop irréel. Improbable. Tout semblait si contradictoire. D'un côté, elle aurait espéré ne jamais le revoir – car c'était beaucoup trop difficile, et d'un autre côté, elle aurait tout donné pour revoir son visage. Ses yeux se fermèrent, elle tâcha de calmer sa respiration, de préparer son visage impassible. Tu ne montres rien. Tu ne flanchis pas. Tu restes indéchiffrable. Elle se les répéta trois fois, avant d'ouvrir la porte. Le son provoqué par son geste lui paraissait bruyant. La jeune femme referma la porte derrière elle, soigneusement, plus lentement. Hésitation. Un pas. Un arrêt. Quelques pas de nouveau. Furtifs, lents. Une cage se dressait devant ses yeux. De là où elle se trouvait, elle devinait une forme. Indistincte pour le moment. Ou était-ce son propre champ de vision qui se brouillait ? On aurait dit que ses jambes étaient faites de plomb, tant elles semblaient lourdes à bouger. Pourtant, elle continuait d'avancer. Jusqu'à s'arrêter, juste devant les barreaux. Son regard tomba sur le vampire, enchaîné, qui leva les yeux dans sa direction. Une paire d'yeux bleus. Si familiers. Si étrangers, presque, désormais. Son cœur se serra automatiquement et elle fut un instant hébétée, incapable d'articuler un mot, de bouger. C'était lui. Elle reconnaissait les traits de son visage, bien que tirés, ses cheveux blonds que son fils possédait, sales. Depuis quand se trouvait-il ici ? On lui avait dit cinq jours. Cinq jours à être affamé, à rester enfermé. De quoi devenir fou. Une technique qui marchait à tous les coups. Elle connaissait tous les rouages, désormais. Ses yeux se déplacèrent, se concentrant sur sa peau, martelée de blessures qui ne cicatrisaient pas – par manque de sang. Elle avait envie de poser une main sur les barreaux. Vraiment envie. Elle voulait lui dire qu'il lui avait manqué, que les enfants aussi, qu'elle était désolée, et combien il était idiot de s'être fait attrapé.

Elle prit brutalement conscience que son visage devait refléter ses pensées. Elle tourna les talons brusquement, trop pour que cela semble naturel, indifférent. Ne flanchis pas. Pas maintenant. Quelques secondes furent suffisantes pour qu'elle recommence à bouger. Ses mouvements ne furent plus hésitants, mais rapides. Elle ouvrit le congélateur qui se trouvait dans le fond, l'ouvrit et s'empara de ce qui s'y trouvait. Elle identifia les étiquettes, ne sut pas quoi prendre exactement, si bien qu'elle en prit trois au hasard. Keira revint à l'emplacement qu'elle avait quitté quelques instants plus tôt et balança les poches de sang à travers les barreaux qui les séparait. Ashray réagit immédiatement : Il s'en saisit et s'attaqua à les ouvrir et à les boire. Sans se soucier de ses gestes. Il ressemblait à un animal, à cet instant. Keira se contenta de le regarder, silencieuse, essayant de se recomposer un visage de marbre. Au bout d'un moment, elle pivota sa tête et fixa un point indéterminé. Il était là. Juste à côté d'elle. Pourquoi n'arrivait-elle pas à formuler ce qu'elle pensait ? Parce qu'elle ne le pouvait pas. En aucun cas. Le voir dans cet état lui faisait mal. C'était impossible à ignorer. Au moins, en ingurgitant le sang qu'elle venait de lui donner, ses plaies allaient cicatriser automatiquement. La magie du vampirisme. Un être immortel, qui ne pouvait pas mourir, sauf dans certains cas. Une créature. Un mort-vivant. Un monstre, pour certains. Un mari, pour elle.

Enfin, il termina. Rassasié ou non, elle l'ignorait. Mais elle ne tenait pas particulièrement à se retrouver dans la cage avec lui pour le vérifier, elle n'avait pas de tendances suicidaires non plus. Ses chaines devaient lui causer un mal de chien. Son regard se porta sans s'en rendre compte sur ses bras, avant qu'elle ne tourne vivement la tête de nouveau. Ne pas penser à ça. Rester indifférente. « Tu es revenu pour lui, n'est-ce pas ? » finit-elle par sortir, d'une voix qu'elle espérait neutre. Keira n'attendait pas de réponse. « C'était idiot » Elle lui en voulait de s'être fait prendre. Jusqu'ici, elle avait des excuses pour ne plus continuer la traque, pour ne pas devoir l'achever de ses propres mains. Maintenant, elle était coincée. Il souffrait, elle le voyait, devant ses yeux, et ça la tuait. Mais, s'il était revenu, malgré les risques... Cela signifiait-il qu'il se souvenait d'eux ? Qu'il les aimait toujours ? Pas Keira, du moins. Elle n'était pas assez folle pour le croire. Même si cette pensée lui déchirait le cœur. Il fallait qu'elle le dissuade de continuer. Continuer, oui. Parce qu'il n'allait pas terminer en poussières. Keira comptait bien y veiller. Elle s'empara de la photo, qu'elle avait emportée avec elle. Ses yeux se posèrent sur l'image, qui représentait les joyaux de sa vie. Elle hésita un moment, pesant le pour et le contre. Puis, elle estima qu'il en avait bien le droit. Si bien que Keira s'agenouilla, lentement, hésita une dernière fois avant de faire glisser la photo. A cet instant, elle patienta. Jusqu'à ce qu'elle l'entende bouger. S'emparer de la photo. Et la regarder. C'était le jour de sa naissance, et on voyait Tyron qui se penchait, sur la pointe des pieds, pour la regarder dormir. Elle lui tournait le dos, et fixait le mur d'en face. Il ne fallait pas qu'elle le voie, sinon elle ne pourrait plus continuer. « Huit mois après... ton départ, j'ai eu la petite fille qu'on voulait tous les deux. Brooklyn » Le nom qu'il avait choisi lui-même, au détour d'une conversation sur le sujet. « Tyron va bien » reprit-elle, « Il s'habitue ». Elle n'osa pas rajouter qu'il lui manquait, qu'il le réclamait – cela aurait été cruel. Du moins, plus que ce ne l'était déjà. « Tu sais très bien qu'en rôdant près de nous, tu te retrouveras face à des chasseurs. Tu ne rends service à personne, ni à toi, ni à eux » Elle s'efforça de continuer : « Tu aurais mieux fait de ne jamais revenir », seulement, sa voix s'éteignit, et elle baissa les yeux sur le sol. Bien qu'il ne pouvait pas la voir.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Sam 23 Avr - 20:30


I'm stilla live
  ft. ASHRAY & KEIRA



... without you

La séparation entre les deux amants n’avait pas été si longue après tout. Une partie des couples connaissaient une période d’éloignement, souvent pour le travail, et, ce temps d’isolement renforçait le lien entre les deux êtres. Dans le cas d’Ashray et Keira, la séparation avait été d’une violence sans aucun égal. C’était une blessure que le temps ne guérissait pas, une plaie béante qui cicatrisait sans vraiment le faire, laissant un stigmate visible, laid, dégoûtant et douloureux. Ashray savait qu’il finirait par la revoir, au moins un instant pour récupérer son fils, son héritier. Il n’aurait jamais imaginé que les retrouvailles se fassent dans de telles conditions.

Que ressentait-il ? Sans doute un mélange fameux de frustration et de colère. Il était là, enchaîné à même le sol, tel un animal de ces anciens cirques effrayants. La soif de sang lui brûlait la gorge et corrompait son jugement. Il se sentait humilié et faible, exactement comme la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Elle était là, debout, fière comme toujours, libre, de l’autre côté de la grille. Sans doute n’était-elle pas innocente à sa capture, sans doute voulait-elle achever le travail. Ce à quoi il ne s'attendait pas, ce fut à se faire attaquer par des poches de sang volante. C'était bien gentil mais les balancer à travers la grille n'était pas très gracieux. Ashray n'y toucha pas, se forçant de ne pas les regarder. Il en aurait besoin plus tard ...

« Tu es revenu pour lui, n'est-ce pas ? »

Inutile de spécifier de qui elle parlait. La chasseuse avait raison, comme souvent, comme toujours. Que pouvait-il répondre ? Rien. Il n’avait pas envie de parler et la question n’attendait pas de réponse, comme le prouvait la phrase suivante.

« C'était idiot »

Le commentaire lui fit esquisser une grimace. Insulter un vampire en cage n’était jamais une bonne idée pour le rendre plus docile ou juste plus coopératif. Qu’importait ses mots, qu’elle arrête de tourner autour du pot et en vienne aux faits. Sans doute était-ce l’heure de sa mort. Le silence aussi glacial que les chaînes de métal dura un moment. La chasseuse s’agenouilla, faisant glisser une feuille de papier glacée jusqu’à lui. Au début, il ne leva pas les yeux de ses chaînes, n’ayant pas envie de jouer à son jeu. Au final, la curiosité fut plus forte et le vampire prit ce qui s’avérait être une photo dans ses mains.

En revoyant son fils, sa gorge se serra. Voilà plus d’un an qu’il ne l’avait pas vu, se demandant chaque jour ce qu’il devenait, s’il grandissait bien, s’il l’avait oublié. Sur la photo, il avait pris plusieurs centimètres et se penchait au-dessus d’un berceau, hissé sur la pointe de ses petits pieds, pour tenter d’apercevoir un nouveau-né enveloppé dans une couverture rose. Les explications ne devraient pas tarder.

« Huit mois après... ton départ, j'ai eu la petite fille qu'on voulait tous les deux. Brooklyn »

Ashray n’y croyait pas. Comment voulait-elle lui faire croire que pouf, entre temps elle avait eu un autre bébé de lui. Sans doute était-il d’un autre homme. De toute façon, le vampire ne voulait que son fils, son héritier. L’ajout d’une petite batarde au problème n’allait pas le réglé.

« Tyron va bien. Il s'habitue ».

Comment un enfant pouvait s’habituer à la disparition de son père qui l’aimait tant ? A moins que sa mère ne lui ait trouvé un géniteur de substitution, elle en était bien capable. Rien que cette idée le mettait hors de lui.

« Tu aurais mieux fait de ne jamais revenir »

Visiblement, elle se souvenait parfaitement de comment l’énerver. Lorsqu’il releva la tête pour la regardé, Keira avait le dos tourné, face au mur. Rageur, le vampire se releva, les poignets toujours enchaînés, l’empêchant de se redresser de toute sa hauteur.

« Regarde-moi ! », cracha-t-il avec force. Ses yeux brillaient de colère et son visage adoptait les traits typiques du vampire en furie, celui capable de tuer quiconque s’approcherait de trop. Lorsqu’elle se retourna vers lui, il continua « Comment est-ce que tu oses me traiter comme ça ? J’en ai rien à foutre de ta batarde, je veux Tyron, je veux MON fils. Et tu sais très bien que j’obtiens toujours ce que je veux ! Je vais le récupérer et sans subir tes précieuses remarques »


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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Ven 27 Mai - 18:53


I'm still alive ... without you.
Ses paroles n'eurent pas nécessairement l'effet escompté, mais engendrèrent une réaction de la part de son interlocuteur. Elle préférait cela au fait d'être ignorée. Il se redressa avec précipitation et s'approcha. Elle le sentait, même si elle ne le voyait pas. « Regarde-moi ! », cracha-t-il presque. Une, deux, trois, quatre secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne prenne la peine de se retourner, avec une lenteur toute calculée. Ses yeux bleus n'exprimaient rien d'autre qu'une colère contenue. Ses traits tirés n'auguraient rien de bon. Elle ressentit une pointe de soulagement à l'idée qu'il soit de l'autre côté des barreaux, pour la première fois depuis qu'elle était descendue. Même si cette vision continuait de lui donner mal au cœur.

« Comment est-ce que tu oses me traiter comme ça ? J’en ai rien à foutre de ta batarde, je veux Tyron, je veux MON fils » Il trouva satisfaction : Il était parvenu à la blesser. Et par dessus-tout, cela avait dû se remarquer. Son visage, qui arborait continuellement un masque d'indifférence, laissa transparaître sa peine ; cela devait se lire plus particulièrement dans son regard. A le voir, il l'avait remarqué, et s'en réjouissait. Qu'y avait-il d'étonnant ? Elle comprenait son désir de la blesser, de lui faire mal. Elle ne pouvait pas lui jeter la pierre. Juste à elle-même. «  Et tu sais très bien que j’obtiens toujours ce que je veux ! Je vais le récupérer et sans subir tes précieuses remarques » Keira ne put s'empêcher d'arquer un sourcil qui exprimait à lui seul son scepticisme. Ses menaces lui passaient dessus comme un élément immatériel, sans consistance, sans importance. Et son expression devait être sans équivoque. « En attendant, au lieu de balancer des menaces inutiles, tu ferais mieux de réfléchir un peu plus » Elle réussit plus ou moins à cacher son mépris. Elle ne prit pas le risque de lui rappeler qu'en déblatérant ses menaces, il ne disposait d'aucune crédibilité, étant donné qu'il était celui qui était enfermé, non elle. Lorsque ce sera le cas, elle serait en droit de s'inquiéter. Autrement, il n'en n'était rien. Quelque part, elle lui en voulait d'avoir cru à cette histoire trop facilement et de continuer à lui accorder du crédit. Pourquoi ? Avait-elle été si convaincante qu'aucun doute n'était permis ? Ou n'avait-il pas perdu sa confiance en apprenant ce qu'elle était ? Keira l'ignorait. Elle pensait surtout à ses propos vis à vis de Brooklyn. Il n'était guère étonnant qu'il ne lui fasse pas confiance, après tout ce qui s'était passé. De ce côté-là, cela ne l'étonnait pas. Elle s'attendait à ce qu'il n'y croie pas, à nier cette paternité. Seulement, au fond, elle se disait qu'il n'aurait jamais cru qu'elle puisse le tromper jusqu'à ce stade. Son mari, l'homme qu'elle avait aimé et aimait probablement toujours, la voyait totalement différemment désormais. Et l'image qu'il lui revoyait la peinait. Le fait qu'il l'assimile à ce genre de personne l'indignait. Pourtant, cela ne devrait pas constituer une surprise. Au fil des mois, il avait dû se construire une image d'une personne purement perfide et sans scrupules. « Si je suis ton raisonnement, » continua-t-elle d'une voix qu'elle espérait dénuée de toute tonalité, « et que je suis bien la méchante de l'histoire, qu'est-ce qui te fait croire que Tyron est ton fils ? On peut pousser la stupidité jusque-là, si tu veux ». La jeune femme avait du mal à cacher son exaspération et, d'une certaine manière, sa vexation. « Enfin, peu importe » Elle jeta un coup d'oeil derrière son épaule ; la porte n'avait pas bougé. Son collègue ne revenait pas pour le moment. Il cherchait à lui donner du temps en privé avec son mari, avant de l'achever soi-même. Il se tenait à l'écart et attendait sûrement son signal. Ses yeux se posèrent de nouveau sur celui qui continuait d'être la cause de ses ennuis mais qu'elle ne pouvait résoudre à abandonner. Elle désigna les poches de sang avec sa main « Tu ferais mieux de les boire. Tu vas en avoir besoin. Maintenant » Elle insista sur le dernier mot, pour  lui faire comprendre que les choses risquaient de devenir … compliquées. Keira priait juste pour qu'il ne fasse pas sa tête de mule et l'écoute, mais elle ne nourrissait pas trop d'espoir là-dessus.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Sam 28 Mai - 21:49


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  ft. ASHRAY & KEIRA



... without you

Le caractère d’Ashray n’avait jamais été facile. Enfant unique, il était habitué à recevoir tout sans jamais partager, que ce soit l’attention des parents, l’argent ou les biens matériels, tout était à lui. Perdre ce qui comptait le plus à ses yeux n’avait fait qu’ajouter une blessure à son égo. Résultat, le vampire se montrait très énervé, les précédents jours de captivité n’aidaient pas du tout. Malheureusement, il n’était pas vraiment en position d’être menaçant. Même s’il la dominait de toute sa taille, il restait celui qui était attaché.

« En attendant, au lieu de balancer des menaces inutiles, tu ferais mieux de réfléchir un peu plus »

Les traits du vampire s’accentuèrent vers la colère. Comment osait-elle le mépriser de cette façon après tout ce qu’il s’était passé ? Il sentait le côté le plus sauvage de son instinct se réveiller et crier sa révolte. Qu’elle continue à faire la fière bien protégée par cette grille, ça ne durera pas bien longtemps …

« Si je suis ton raisonnement, et que je suis bien la méchante de l'histoire, qu'est-ce qui te fait croire que Tyron est ton fils ? On peut pousser la stupidité jusque-là, si tu veux ».

Bien sûr qu’elle était la méchante de l’histoire. Peut-être que tout ceci était de sa faute à lui ? Si elle n’avait qu’une idée de l’enfer qu’il avait vécu, Keira ne parlerait pas comme ça. De plus, attaquer sur son fils était stupide, il n’avait absolument aucun doute sur sa paternité. Premièrement, Tyron était le portrait de son père, leurs yeux étaient les mêmes, d’un bleu précieux comme on aimait les photographier. Deuxièmement, un test génétique lui en avait apporté la preuve. Non pas qu’il ne faisait pas confiance à sa femme, mais, il préférait toujours installer une certaine sécurité, une marge de manœuvre.

Une voix attira son attention, pas celle de sa femme mais, celle d’un homme plus loin, derrière la porte. La colère l’empêchait de réellement pouvoir se concentrer mais, son instinct lui murmurait que ça ne sentait pas bon pour lui. Et, si Ashray avait appris une chose depuis sa transformation, c’était que son instinct ne le trompait jamais, mieux valait l’écouter et essayer de laisser la colère de côté. Du moins, pour l’instant.

« Tu ferais mieux de les boire. Tu vas en avoir besoin. Maintenant »

Keira parlait des poches de sang encore sur le sol. Ashray avait dans l’idée de les laisser de côté jusqu’à ce qu’il en ait vraiment besoin. Quand ce genre de situation, on ne peut pas se permettre de gaspiller les ressources vitales. Néanmoins, l’emphase assez prononcée qu’elle mettait sur le mot « maintenant » le faisait réfléchir. C’était évident qu’elle savait beaucoup plus de choses que lui sur le sort que ses congénères lui réservaient. Peut-être essayait-elle de l’avertir. Après tout, même vampire, il restait le père de son fils, son mari, et le père hypothétique de cette petite dont elle lui parlait et qu’il avait vaguement aperçu sur la photo. De toute façon, il n’avait rien à perdre, si les poches de sang étaient empoisonnées, il le sentirait directement.

Prudent, il prit la première poche de sang et l’ouvrit. Bon, ce n’était ni frais, ni à la bonne température mais, c’était du vrai sang d’humain, sans additif destiné à tuer un vampire adulte. Il le but rapidement, son corps étant en manque de la précieuse substance vermeil. La deuxième poche y passa également à une vitesse folle. Sa soif n’était pas étanchée mais, c’était déjà un bon début. Il se rapprocha de la grille, autant que ses chaînes le lui permettaient et regarda sa femme droit dans les yeux.

« Alors tu vas laisser le père de ton fils mourir ? »

Il ne prenait toujours pas en compte la petite née après son départ. Après tout, il ne la connaissait pas et doutait fort de sa paternité. Donc, pour le moment, il comptait se concentrer sur Tyron.


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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Mar 31 Mai - 0:23


I'm still alive ... without you.
Keira maintient son regard plongé dans celui d'Ashray. Histoire de lui faire comprendre l'importance de ses dernières paroles, une forme de supplication passant à travers son regard. Elle le suppliait intérieurement de l'écouter, de lui faire confiance, ne serait-ce qu'un peu. Avec un soulagement manifeste, elle le vit peser le pour et le contre avant de se résigner à agir. Visiblement, il devait penser qu'il n'avait rien à perdre. Concrètement, Il n'avait pas tort. Elle l'observa engloutir les deux poches de sang à une vitesse saisissante. Rien d'étonnant là-dedans. Depuis combien de temps ne s'était-il pas nourri ? Le manque de sang chez un vampire provoquait une lente agonie et une souffrance probablement indescriptible qui le rendait proche de la folie. Qui le rapprochait d'un état animal, bestial, prémitif. Un vampire en manque de sang s'avérait plus dangereux que n'importe quoi d'autre. Bien que confronté à un loup-garou ou à une sorcière, cela ne devait guère être mieux. Toutefois, les créatures de la nuit qui hantaient ses cauchemars, depuis toute petite, demeuraient les même. L'une d'entre elles se trouvait devant elle. N'étant plus une petite fille, elle voyait les choses différemment. Elle avait grandi. Mûri. Appris que les choses ne se révélaient jamais blanches ou noires, mais avec diverses nuances.

Brusquement, Ashray se redressa et s'approcha. Le bruit des chaînes qui traînaient sur le sol résonna. Keira ne le quittait pas des yeux. Ashray était revenu d'entre les morts sous forme de vampire. Si le résultat l'avait bouleversé et compliqué énormément les choses, pour l'un comme pour l'autre, il n'en n'était pas moins qu'il restait vivant. Vivant. Ce point positif ne pouvait pas être négligé en saisissant la globalité de l'événement. Keira savait qu'elle préférait le voir en vampire, plutôt que mort. La jeune femme assimilait parfois les vampires qu'elle rencontrait à son mari, ce qui la tourmentait plus qu'elle ne saurait dire. Elle revoyait les scènes dans ses rêves, mettant en scène Ashray. Elle avait vu son cadavre, plusieurs fois. Si bien qu'elle avait cru à de nombreuses reprises que le spectacle était réel. Face à ses erreurs, face au résultat qu'elle craignait plus que tout. A la fatalité qu'elle ne réussissait pas à le protéger. Mais il était vivant, pour le moment. Devant elle, à s'approcher, à la fixer droit dans les yeux. « Alors tu vas laisser le père de ton fils mourir ? » Son cœur se serra atrocement à l'entente de ces paroles. Elle ne tiqua pas sur le « père de ton fils », qui excluait clairement Brooklyn. La jeune femme ne s'en formalisa guère, après tout, comment lui reprocher de ne plus lui faire confiance ? Au final, elle ne se blâmait qu'elle. Alors, Keira continua de le regarder. De détailler les nuances dans ses yeux, qui l'observaient autrefois avec tendresse, affection, amusement. Amour. Les traits de son visage, légèrement émacié, à cause des traitements et de la faim. Les souvenirs, des flash, des images, surgissaient dans son esprit en même temps qu'elle l'étudiait. Comme si elle craignait de ne plus pouvoir le faire. S'il savait à quel point elle mourrait d'envie de sortir d'ici, avec lui. De le toucher, de l'embrasser, de se blottir dans les bras, de lui dire ce qu'elle avait sur le cœur – qu'elle l'aimait. Mais ce n'était pas possible. Pas maintenant, en tout cas. Elle repoussa l'idée que peut-être, il ne lui laisserait jamais l'occasion d'agir de nouveau ainsi. Elle la renia aussi fort que possible et se concentra sur le présent. Sur la fatalité qui se présentait devant ses yeux. Il faut que je le sorte d'ici. Cela semblait inévitable, une évidence. Keira avait été de nombreuses fois confrontée au même résultat : Elle s'avérait tout bonnement incapable de le regarder mourir. Pas lui.

Est-ce qu'il arrivait à percevoir ses pensées ? A travers son expression, son regard, son attitude ? Est-ce qu'il réussissait à lire en elle, comme autrefois ? Ayant abandonné son masque d'indifférence et de froideur, elle se sentait presque vulnérable, mise à nue. Mais c'était Ashray. Il était nécessaire qu'elle regagne sa confiance. Qu'il voit qu'elle n'avait jamais changé. Qu'elle restait celle dont il était tombé amoureux. Keira ouvrit légèrement la bouche, avant de la refermer lentement, jetant un coup d'oeil derrière son épaule. Ignorant si son collègue l'espionnait, derrière la porte. Elle en doutait, mais... On était jamais trop prudent, comme elle se le répétait toujours. Finalement, ses yeux se posèrent de nouveau sur Ashray et se plongèrent dans les siens. Alors, lentement, elle lui donna sa réponse. Keira secoua la tête, lentement, tandis que la détermination enflammait son regard. Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, s'apprêtant à tourner les talons pour régler le problème, mais ses yeux remarquèrent un détail jusqu'ici passé inaperçu. Son alliance. Il la portait toujours. Ce constat la bouleversa, plus qu'elle n'aurait pensé. Elle était persudée qu'il l'avait balancé à la première occasion, après ce qui s'était passé. Mais non, il l'avait gardée. Elle sentit son cœur se réchauffer d'espoir, mais … elle restait là, bouche bée, incapable de faire le moindre mouvement. Restait-il un espoir, malgré tout ? Keira eut presque l'impression que sa propre alliance la brûlait, là où elle se trouvait. A savoir, contre sa poitrine, accrochée à une chaîne, à l'abri des regards. A cet instant, elle crut entendre quelque chose. « Keira » Ainsi, ce n'était pas un effet de son imagination.

L'interpellée tourna la tête vers la source du bruit, son collègue l'attendait, sur le seuil de la porte. Les choses sérieuses commençaient. Brusquement, Keira tourna les talons et se dirigea vers lui. Il était impossible de cacher son trouble, fort heureusement, son interlocuteur allait mal l'interpréter. Ils s'éloignèrent, sans aller trop loin. « Ecoutes … Je ne peux pas me mettre à ta place. Je sais que c'est ton mari, le père de tes enfants et que tu tiens à lui, mais... Tu sais aussi bien que moi ce qui doit être fait » Ce qui doit être fait. Ses mots se répercutèrent dans son cerveau, comme si elle avait du mal à en comprendre la signification. « Si ce n'est pas toi qui t'en charge... » Ce serait un autre. Et ce serait nettement plus horrible pour Ashray. « Je sais » le coupa-t-elle, subitement. Elle n'eut pas besoin d'inventer son trouble. « Je sais ce que j'ai à faire » ni à s'obliger à prendre une voix déterminée. Oui, elle savait ce qui lui restait à faire. Sans un mot de plus, elle s'empara de l'arme qu'il lui tendait. Ashray avait probablement entendu, de là où il se trouvait. Ou non ? Peu importe.

Keira se força à inspirer une bouffée d'oxygène avant de revenir dans la pièce. Elle entendait les pas de son collègue derrière elle. Keira refusa de croiser le regard d'Ashray, alors que ses pensées s'activaient à folle allure. Reste calme. Elle ne sut pas comment elle réussit à garder son calme. Elle attendit, patiemment, que son collègue ouvre la cage. Cela fait, elle se glissa un peu à l'intérieur, histoire d'être dans le bon angle vis à vis de sa cible. Keira n'eut pas besoin de jouer entièrement la comédie. Quelques secondes s'écoulèrent avant que sa prise sur l'arme ne se refferme. Elle fit mine la lever, prête à bondir et s'en servir et vrilla ses yeux gris dans ceux de son mari : « Je suis désolée ». Et elle agit. Le coup fut rapide, sec, précis. Son collègue s'affala par terre, assommé. Ce dernier n'avait pas eu le temps de la voir se retourner vers lui pour se servir de l'arme contre lui. Pendant quelques instants, elle resta là, à le dévisager. Tandis que son cerveau analysait clairement la situation. Qu'est-ce que je fais ? Puis, lentement, elle s'agenouilla, et approcha sa main des clés tombées par terre. Une fois prises, sa main cessa de trembler. Il fallait se dépêcher, maintenant. Keira se redressa et se retourna, devant Ashray, et leva les mains. « Je te proposerais bien mon sang pour que tu récupères, mais tu serais empoisonné, alors... Si tu pouvais éviter, j'apprécierais » déclara-t-elle. Prudemment, elle abaissa ses mains et s'approcha à pas lents. La jeune femme échangea un regard avec Ashray, lui demandant silencieusement la permission d'agir. Elle interpréta sa réaction comme un oui et se saisit de l'une de ses mains. Elle ouvrit le mécanisme, la menotte retomba mollement, alors qu'elle s'attaquait déjà à son autre poignet. Bientôt, il était libre de nouveau. Ayant toujours sa main dans la sienne, elle analysa les marques inscrites sur sa peau. Du sang, et il récupérerait sans problème. L'avantage d'être un vampire. Puis, avec hésitation, elle releva les yeux et le regarda. Qu'est-ce qu'elle venait de faire ? Juste de tout risquer pour lui.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Jeu 16 Juin - 22:22


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... without you

Ashray était sec et froid. La situation était trop difficile. Il était fatigué, avait encore soif et surtout, risquait de mourir. Ce petit détail avait tendance à le mettre en colère. Compréhensible non ? Néanmoins, il doutait vraiment que Keira le laisse mourir ici. Après la vie qu’ils avaient eu, le petit garçon, elle ne pouvait pas faire ça, c’était imaginable. Avait-il confiance en elle malgré tout ? Oui, au fond, il savait qu’elle n’allait pas l’abandonner à son triste sort. Surtout qu’elle savait bien qu’il n’avait jamais voulu être dans cette situation. Jamais Ashray n’avait voulu être un vampire ou se retrouver en exil. Jamais. Lui voulait continuer sa carrière et élever son jeune héritier du mieux qu’il le pouvait. Lorsqu’il regardera son épouse alors qu’elle secoua négativement la tête, rassurant le vampire qui eut un sourire en coin satisfait sans rien dire, se sachant espionné. Même les chasseurs avaient tendance à oublier que les buveurs de sang étaient capables d’entendre le battement d’un cœur humain à plusieurs mètres. Il savait donc bien que quelqu’un était derrière la porte.

Sa femme s’en alla à l’appel d’un de ses collègues. Ils discutèrent à peine quelques instants avant qu’elle ne revienne. Le regard bleuté de l’immortel ne la lâchait pas d’un seul pas, restant sur ses gardes, son instinct lui hurlant de s’enfuir le plus vite possible. Elle n’était plus seule. Un de ses collègues l’accompagnait, sans doute pour assurer que le travail serait fait correctement. Celui-là, Ashray le tuerait de ses propres mains à l’instant même où il sortirait de là, juste pour marquer les esprits. Il ouvrit la porte et le vampire tira sur ses chaînes sans pour autant réussir à les arracher du sol. Keira était armée d’une lame mais, il doutait simplement qu’une simple arme blanche pouvait venir à bouts d’un vampire. Elle s’excusa avant de frapper … son partenaire. Il s’écroula sur le sol sous le regard satisfait d’Ashray.

« Je te proposerais bien mon sang pour que tu récupères, mais tu serais empoisonné, alors... Si tu pouvais éviter, j'apprécierais »

Elle l’avait délivré, il n’allait pas la mordre. Il fallait être un minimum honnête. Il lui dit doucement de ne pas s’inquiéter et la laissa le délivrer de ses liens d’aciers. Une fois fait, il passa ses mains sur ses poignets ensanglantés qui cicatrisaient doucement. Sa femme semblait perturbée parce qu’elle venait de faire. Et encore, elle ne devait pas encore avoir pris pleinement conscience de ses actes. Libérer un vampire au caractère difficile qui était encore dans un état de nerfs problématiques n’était pas la meilleure idée qu’elle avait eu. Enfin, tout dépendait des points de vue.

Rapidement Ashray sortit de la cage et posa son regard froid sur le corps inanimé de celui qui avait voulu le tuer. Il se devait de lui rendre la pareille non ? Sans hésiter, le vampire donna un puissant coup de pieds dans la mâchoire de cet homme, la brisant en plusieurs centaines de petits morceaux, faisant couler le sang. Même s’il survivait à la blessure, sans doute serait-il assez défiguré pour ne plus jamais savoir parler ou avaler quoique ce soit sans un joli petit tuyau. Visiblement, Keira ne s’attendait pas à cet acte de pure violence, gratuite.

« Chacun son tour non ? »

Une fois ces mots prononcés, il attrapa sa femme sans la blesser et la traîna à sa suite hors de cette cave même s’il ne savait pas où il allait aller. Malgré lui, son instinct le faisait protéger sa femme d’autres chasseurs peut-être trop rancuniers. Mieux valait ne pas la laisser ici, elle serait accusée directement. De l’extérieur, sa prise sur le bras de celle qui avait porté son fils devait sans doute ressembler à une prise d’otage. Mais, ses intentions étaient beaucoup moins néfastes.

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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Sam 18 Juin - 22:44


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L'entendre dire qu'elle n'avait pas à s'inquiéter se révélait insuffisant. En le délivrant, ses pensées semblaient éteintes. C'était comme si elle se détachait de la situation, voyait son corps agir mécaniquement sans qu'aucune pensée ne suive. Une fois détaché, et qu'elle le vit se masser les poignets tandis que ses blessures commençaient déjà à cicatriser, elle ne prit pas conscience de la situation. Pas encore. Toutefois, la réaction de son mari eut le mérite de la faire sortir de sa torpeur. Keira n'eut même pas le temps d'agir. Un violent coup dans la mâchoire fut donné de sa part, et Keira ne put s'empêcher de laisser sortir un cri de surprise. Non que le spectacle la saisisse d'horreur, après tout ce temps, elle en avait vu. Mais voir cet acte de violence purement gratuite l'emplissait de consternement. Elle le connaissait. Depuis un bout de temps. Et de le voir récolter une blessure qu'il n'avait pas mérité par sa faute lui serrait la poitrine. Comment lui en vouloir? Il avait appris à considérer les choses sous l'angle qu'on avait choisi. Il pensait de la même manière que ceux qui lui avaient appris. Un autre chasseur se serait contenté de faire le sale boulot sans sourciller, sans prendre la peine de l'avertir. Lui si. Pour cela, elle ne lui en serait à jamais reconnaissante, d'autant plus que cela lui avait permis de sauver son mari. Mais à quel prix ? Elle comptait seulement le laisser assommé, avec un peu de chance, il aurait oublié les derniers événements ou elle aurait essayé de le convaincre de ne pas sonner l'alarme. Maintenant, il était trop tard. Trop tard pour espérer passer inaperçu et trop tard pour lui. Il ne mourrait pas ; mais d'après ce qu'elle avait eu le temps de voir, sa blessure lui laisserait des séquelles. Contrairement à Ashray, qui, malgré les sévices qu'on lui avait infligé, guérissait. Lui ne s'en relèverait peut-être jamais. Par sa faute. Parce qu'elle avait fait un choix.

Trop hébétée, alors qu'elle s'apprêtait à s'agenouiller auprès de son collègue, Ashray l'empoigna et la traîna à sa suite. La culpabilité lui rongeait le cœur. Les images lui revenaient à l'esprit, même s'ils montaient les escaliers pour sortir de la cave. Avait-elle fait le bon choix ? Ou allait-elle amèrement le regretter ? Elle ne le saurait pas. Tout ce dont elle était consciente, c'était qu'elle n'aurait jamais été capable de le laisser mourir. A cause de sa faiblesse, de ses sentiments, des victimes pouvaient survenir. Keira ne se le pardonnerait sans doute jamais. Malgré tout, il était encore trop tôt pour le dire. D'une voix blanche, elle lui indiqua la direction qu'ils devaient prendre pour sortir de la maison. Keira continua de se laisser entraîner. Elle eut l'impression de revenir à la réalité une fois à l'air libre. L'air frais lui cingla le visage. La nuit était tombée, Ashray pouvait sortir sans risques. Du moins, presque sans risques. « Non, » fit-elle en lui prenant la main de sa main libre, « Suis-moi ». Sur ces mots, elle lui prit la main et noua ses doigts aux siens pour le guider là où elle voulait aller. Keira ne sut pas par quel miracle il se laissa faire. Elle en était reconnaissante, elle n'aurait pas eu la patience de le convaincre et de lui parler comme à un petit garçon pour qu'il s'exécute. Leurs pas les menèrent près de sa voiture, elle le lâcha, fit le tour et monta sur le siège conducteur. Pendant un instant, la jeune femme redouta qu'il ne l'ait pas suivi et l'ait ignorée. Heureusement, il ouvrit la portière et se glissa à l'intérieur. Aussitôt, elle démarra et ils quittèrent le quartier. Il valait mieux de ne pas s'attarder dans les parages. Elle attendit de s'être suffisamment éloignée pour s'arrêter, le temps d'écrire un message et de l'envoyer. Lorsque Ashray lui adressa la parole, elle se contenta de lui répondre : « Je répare tes bêtises ». Un peu plus sèchement que prévu.

Sans mot dire, Keira redémarra. Elle était tendue. Des milliers de question fleurissaient dans son esprit. Est-ce que les autres allaient la croire ? Est-ce que son Finn allait s'en sortir ? Que dirait-il à son réveil ? Combien de temps leur restait-il ? Ce qui ne faisait qu'augmenter son angoisse. Les événements accéléraient, prenaient une tournure dont elle ignorait l'issue. Juste après avoir revu son mari, son monde volait en éclat. Elle avait attendu ce moment, mais … Pas comme ça. Maintenant, elle n'avait plus le choix et devait faire avec. « Où dois-je t'emmener ? » lui demanda-t-elle, puis après réflexion et lui avoir jeté un coup d'oeil, elle reprit « Est-ce que tu as un endroit pour passer la nuit au moins ? ». Le paysage défilait, sans qu'elle y prenne attention. Elle essayait de réfléchir, de calmer son angoisse, mais tout ce à quoi elle songeait, c'était qu'il était là. Juste à côté d'elle. A quelques centimètres. Elle avait encore du mal à y croire, cela lui semblait si irréel. Cet instant précis, elle avait longuement patienté. Elle y avait réfléchi, s'imaginant la situation sous divers angles. La réalité était apparue. Nul mot ne pouvait décrire ce qu'elle éprouvait. Du soulagement, du bonheur, de l'amour, … Mais également de l'inquiétude, de l'appréhension, et de la colère. « Tu n'aurais pas dû le blesser. » Comme elle anticipait déjà son indignation, elle se hâta de préciser : « J'ignore ce qu'il t'a fait exactement, mais j'aurais pu le convaincre de ne rien dire, et personne n'aurait été averti de ta réapparition. Maintenant, tout le monde va le savoir. Tu n'es plus en sécurité. » Elle remarqua son scepticisme, et cacha mal son exaspération : « Ils te laissaient plus ou moins tranquilles, pensant que je m'en chargerais. Mais maintenant que tu as blessé l'un des leurs, tu crois qu'ils vont te lâcher ? ». Elle prit une bouffée d'oxygène et expira. La tension nouait chaque centimètre de son corps. Elle ne l'avait pas regardé une seule fois pendant sa tirade. Keira était presque certaine qu'elle aurait pu se noyer dans ses yeux. En conduisant, ce n'était pas la meilleure chose à faire. Il était nécessaire qu'elle reste concentrée, qu'elle garde une certaine distance, et même s'il ne la touchait pas, ce n'était pas chose aisée. Elle se demandait réellement s'il était conscient de l'effet qu'il avait sur elle.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Sam 25 Juin - 15:57


I'm still alive
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... without you

Était-il cruel ? Non, la cruauté était une simple question de perspective. Ce chasseur n’était pas un innocent, il était facile de présumé qu’il avait torturé et tué des vampires. Ce n’était que la monnaie de sa pièce, le karma n’est-ce pas ? Maintenant, il devait sortir d’ici avant que les choses ne s’aggravent même si de toute façon il était déjà condamné à mort, son geste ne pouvait pas vraiment lui nuire un peu plus. Il tenait toujours la main de Keira, ne voulant malgré tout pas la laisser là. Si récupérer son fils était le but principal du mafieux, blesser son ex-femme ne l’était pas. D’ailleurs, celle-ci se laissait faire, coopérative, lui indiquant même la bonne direction dans leur fuite. Au final, ce fut elle qui le guida. Qu’elle le protège calmait un peu sa colère et son ressentit. Sans doute une longue discussion les attendait s’il survivait à tout ça.

Rapidement, ils furent dehors. C’était encore la nuit. L’air frais qui caressait le visage du vampire lui arracha un sourire satisfait. Il avait survécu, encore une fois, comme toujours. A côté de lui, le bruit d’une voiture qui démarrait se fit entendre. Sa femme était déjà au volant, il s’assit à la place passager et fut rapidement soulager de voir l’étrange bâtiment s’éloigner. Sa colère retombait doucement, sans doute que le soulagement prenait sa place.

Après quelques minutes, Keira s’arrêta pour tapoter sur le clavier de son téléphone portable. Son côté méfiant le poussa à jeter un œil à l’écran. Elle lui répondit directement qu’elle réparait ses bêtises. Sa curiosité fut piquée à vif mais il ne dit rien, préférant réfléchir à la suite des évènements. Il n’était pas assez naïf pour croire qu’il n’y aurait pas de représailles. Se protéger et retrouver un peu de pouvoir devenait une véritable urgence pour lui. Après tout, il n’était qu’un jeune vampire, sans les capacités hors du commun de ses aînés centenaires. Sans compter que cette ville, il ne la connaissait pas du tout. Mais, le mafieux avait toujours un as dans sa manche.

Il fut tiré de ses pensées par sa femme qui posait une question plutôt intéressante.

« Où dois-je t'emmener ? Est-ce que tu as un endroit pour passer la nuit au moins ? »

Ashray était un vampire, il avait toujours quelque part pour passer la nuit. La ville faisait même un excellent endroit même s’il ne refuserait pas un lit confortable et un bon bain bien chaud. D’ailleurs, il n’eut pas le temps de répondre que des interjections déjà beaucoup moins pragmatique se firent entendre.

« Tu n'aurais pas dû le blesser. J'ignore ce qu'il t'a fait exactement, mais j'aurais pu le convaincre de ne rien dire, et personne n'aurait été averti de ta réapparition. Maintenant, tout le monde va le savoir. Tu n'es plus en sécurité. Ils te laissaient plus ou moins tranquilles, pensant que je m'en chargerais. Mais maintenant que tu as blessé l'un des leurs, tu crois qu'ils vont te lâcher ? »

Le vampire leva les yeux au ciel, déjà lassé de cette conversation. Depuis toujours, il détestait ces moments où Keira se prenait pour sa mère. N’avait-elle pas assez de Tyron pour décharger ses pulsions maternelles ? De plus, il doutait forcément qu’elle aurait pu convaincre qui que ce soit, encore moins un chasseur. Lorsqu’il parla, il ne la regarda même pas, gardant ses yeux rivés sur la route en face de lui, ce paysage plongé dans une nuit qu’il avait toujours appréciée.

« Je m’en moque complètement. Ils m’ont eu uniquement parce que j’étais seul. Et, ça n’arrivera plus »

Ashray avait cette bonne habitude de s’entourer des gens qu’il fallait. Après tout, il avait survécu dans le milieu des affaires et dans la rue. Maintenant, il fallait poser une petite pique.

« Tu ne t’inquiétais pas que je me fasse tuer par des chasseurs ou que j’ai quelque part où passer la nuit quand tu m’as jeté dehors alors, tais-toi. Je n’ai pas besoin de tes commentaires »

Au moins, il était direct et franc, un défaut comme un autre.

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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Sam 2 Juil - 22:56


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Keira pouvait presque sentir son agacement de là où elle se trouvait. Telle une aura qui se dégagerait de lui. Elle le connaissait, après tout, depuis toutes ces années. Il n'appréciait pas vraiment ce genre de chose. Mais elle ne pouvait s'en empêcher. Elle s'inquiétait réellement et sincèrement pour lui. La jeune femme était juste en train de se torturer les méninges déjà. A s'imaginer comment se sortir d'une pareille situation. Que dirait Connor ? Si Finn se réveillait, quelle déclaration ferait-il ? Garderait-il en mémoire ce qui s'était produit ? Si c'était le cas, ils ne tarderaient pas à identifier Ashray et à le traquer, à le prendre en chasse. Même si elle connaissait Ashray et était consciente qu'il pouvait se protéger et se débrouiller, il n'en restait pas moins qu'il s'était fait attrapé. Les circonstances demeuraient floues, mais le résultat restait le même. Pour avoir évoluer dans ce milieu, côtoyé ces personnes, Keira était bien placée pour connaître leur potentiel. Si elle s'inquiétait, ce n'était pas sans raison. Ashray le prenait trop à la dérision, à son goût. S'ils ne représentaient qu'une faible menace, elle n'aurait pas hésité une seule seconde à s'enfuir avec son mari et ses enfants. Cela n'avait pas été le cas et la raison était évidente. Sans aucune préparation, ils les auraient débusqué. Ashray serait mort. Elle aurait été impuissante. Tyron aurait été placé loin d'elle. Le sort n'aurait pas été différent pour Brooklyn.  

Toutefois, ils n'étaient toujours pas en sécurité, malgré les précautions de Keira. La jeune femme avait sous-estimé le besoin d'Ash de revoir son fils. Quoi de plus normal ? Il n'empêche que cela les mettait dans une position délicate, bien que son mari ne partageait pas la même inquiétude. Il arguait que s'il avait été pris, c'était pour la seule et unique raison qu'il avait été seul. Keira en doutait légèrement. Les chasseurs, pour la plupart, s'avéraient bien entraînés. Quelques-uns, comme Kei, l'avaient été depuis leur plus tendre enfance. Le mot « machine à tuer » n'était pas loin de la vérité. Vérité qu'Ash ne voyait pas, sous-estimant clairement ceux qui se dressaient face à lui.

« Tu ne t’inquiétais pas que je me fasse tuer par des chasseurs ou que j’ai quelque part où passer la nuit quand tu m’as jeté dehors alors, tais-toi. Je n’ai pas besoin de tes commentaires » Aussi cinglante fut sa réponse, Keira ne ressentit aucune colère, ni tristesse. A vrai dire, cela passait sur elle sans rien lui faire. Elle s'attendait depuis plus d'un an et demi à ces retrouvailles. Elle s'y était préparée. Les remarques de ce genre, elle en entendrait beaucoup plus. Certainement des pires. Si elle craquait maintenant, elle ne se révélerait pas suffisamment forte pour le reste. Fort heureusement, cela ne l'atteignit pas. Néanmoins, le malentendu qui régnait entre eux lui pesait. L'envie de tout lui dire la saisit à la gorge. Plusieurs secondes s'écoulèrent, alors que ses pensées s'agitaient. Si, la peur qu'il se fasse tuer par des chasseurs la hantait. Combien de fois s'était-elle réveillée, en nage, après avoir eu la vision du corps de son mari, ensanglanté, décapité, mort ? Le diction « pas de nouvelles, bonnes nouvelles » s'était vérifié : Le fait qu'aucune information ne lui parvienne l'avait soulagée. Cela signifiait qu'ils n'avaient pas retrouvé sa trace, et cela lui suffisait. Elle revoyait encore les images de cette nuit-là, où elle avait joué la comédie jusqu'au bout pour qu'il soit persuadé qu'elle était sincère. Keira se souvenait de tout, absolument tout. Notamment de l'état dans laquelle elle s'était retrouvée les jours suivants, les semaines suivantes. Son inquiétude. Son impuissance. Son cœur lacéré qui lui vrillait la poitrine continuellement. Son sentiment d'injustice. Le nombre de fois où elle avait été prête à faire demi-tour et à le retrouver ne se comptait plus. Il ignorait tout ça. Pour son bien.

Keira ne put s'empêcher de tourner la tête pour le dévisager. Plusieurs voitures se trouvaient encombrées devant eux, lui permettant de se déconcentrer, ne serait-ce que quelques secondes. Pour le moment, il se contentait d'observer la route devant lui, évitant soigneusement son regard. Tant mieux, elle ne se dégonflerait pas. Ce petit répit lui permit de mieux le regarder. Il n'avait pas changé. Pourtant, elle se doutait que si. Ashray n'était plus le mari qu'elle connaissait un an et demi plus tôt. De la même manière qu'elle, n'était plus la même. Toutefois, le changement devait être plus marquant du côté de son mari. Elle ignorait tout ce par quoi il avait dû traverser et pouvait s'imaginer le pire. Même si pendant quelques temps, Keira avait eu tout le loisir de l'observer et de le surveiller de loin. Lorsqu'elle avait appris sa grossesse, elle n'avait plus la possibilité de se rendre sur le terrain. Son absence avait engendré la perte de la piste d'Ash. Ce qui expliquait ce si long délais. Elle l'observait de profil et son cœur s'emballa. Il était là. Vivant. A côté d'elle. En même temps, si … inaccessible. Si éloigné d'elle. Cette distance la tuait. Il lui tardait que celle-ci soit mis à mal. Elle n'attendait qu'une chose : se retrouver calmement avec lui, avec les enfants, et tout lui raconter. Les choses ne seraient pas évidentes, au début – elle n'en doutait pas. Néanmoins, Keira était remplie de confiance et de détermination. Maintenant qu'elle l'avait retrouvé, elle ne comptait plus le laisser partir.

« Rentres avec moi » furent ses seuls mots. Il était difficile de savoir qui était le plus surpris des deux : son interlocuteur ou la principale concernée. Arrêtés à un feu rouge, les yeux dans les yeux, la situation pouvait presque sembler comique. Les yeux écarquillés, elle ne comprenait pas comment ses mots avaient pu lui échapper si facilement. Le rouge lui colora les joues. Dans la pénombre, elle ignorait s'il arrivait à le percevoir. Voyant qu'il s'apprêtait à lui répondre – vraisemblablement pour la remballer, elle se hâta de préciser : « Je veux dire … Tu veux voir Tyron, non ? ». Question purement rhétorique. Keira était parfaitement consciente de la réponse et se précipitait déjà à poursuivre : « Tu lui manques. Il n'attend que ton retour. Ce serait une surprise incroyable pour lui, et.... » elle continua avec hésitation : « On pourrait parler. Tu pourras peut-être voir Brooklyn ». Elle le suppliait mentalement d'accepter. Accepte, accepte, accepte, s'il te plaît. Il était presque évident qu'Ashray n'avait pas manqué seulement à son fils, mais à toute leur famille – leur mère ne faisant nullement exception. Pour l'instant, elle préférait centrer l'attention sur leur fils, qui voulait simplement revoir son père plus que tout. Le meilleur moyen pour qu'il accepte. Enfin, ils pourraient avoir l'occasion de parler de leur relation et de leur nouvel enfant. Une pensée jaillit dans son esprit. « A moins que tu aies besoin de ... » elle fit un geste vague de la main « … de te rassasier avant. Tu connais notre adresse, non ? Tu pourrais nous rejoindre après... » timidement, elle rajouta un « S'il te plaît ». La nervosité lui nouait les entrailles, accélérant son débit de parole. Keira voulait à tout prix ne pas perdre le contact. Maintenant qu'il était là, il n'était plus question de le laisser partir.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Dim 10 Juil - 11:53


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  ft. ASHRAY & KEIRA



... without you

La rancœur était toujours comme ce poison dans ses veines. Une année complète n’était pas suffisante pour qu’il se dissipe. Ashray n’avait jamais été sage et il ne le sera jamais. Ces gens qui prônaient le pardon, la paix et le calme n’étaient que des idiots à ses yeux. Le monde n’était fait que de prédateurs ou de proies, l’évolution l’avait façonné de cette matière. Elle n’avait pas permis aux êtres gentils, doux ou prévenants de survivre. La gentillesse n’était qu’un moyen que les plus faibles avaient trouvé pour brider les plus forts. Ashray avait toujours fait partit des plus forts, des plus puissants, depuis sa naissance. Perdre tout du jour au lendemain, se retrouver en bas de l’échelle, lui avait permis d’encore mieux comprendre cette différence entre les forts et les faibles et à quel point il n’était pas fait pour faire partie des perdants du grand jeu de la vie. Issu d’une famille catholique, il ne croyait pourtant pas en Dieu, ni en l’au-delà. La seule vie qui comptait, elle se déroulait maintenant et, personne ne l’empêchera plus jamais de la vivre à sa façon, comme il le voulait, dans l’opulence, l’excès et l’égoïsme.

Son regard azur fixé sur la route, le visage interdit, il réfléchissait à la suite des évènements. Dans la précipitation, il avait commis une erreur fatale, venir à Mystic Falls seul. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne reconstruise un essaim, il avait toujours été doué pour ça. Petit, son père lui avait fait comprendre une chose importante, ils n’étaient qu’une poignée de richissime pour des milliards de pauvres. La supériorité numérique n’était clairement pas dans leur camp. La seule chose qu’ils avaient était leur intellect et ce système construit pour que jamais les pauvres ne comprennent qu’ils étaient plus forts car plus nombreux. Depuis sa transformation, il avait recréé un système similaire, associant vampires, humains et sorcières, des jeux de puissance dont il avait pipé les dés.

La voix de sa femme le sortit de ses pensées. « Rentres avec moi ». Quelle ne fut pas sa surprise quand il la regarda. Chez elle, elle était en parfaite sécurité, son vampire ne mari ne pouvait pas passer l’entrée sans y être invité. Pourquoi risquer cette sécurité ? Peut-être parce qu’elle le connaissait mieux que personne et savait qu’il valait mieux être dans son camp que contre lui. Keira savait également qu’il voulait revoir son fils, plus que tout et qu’il y arriverait. Lui ouvrir la porte était sans doute le meilleur moyen d’éviter des dommages collatéraux. Il n’eut pas le temps de répondra, qu’elle prit encore la parole, le cœur battant anormalement vite.

« Je veux dire … Tu veux voir Tyron, non ? Tu lui manques. Il n'attend que ton retour. Ce serait une surprise incroyable pour lui, et.... On pourrait parler. Tu pourras peut-être voir Brooklyn »

Le blond arqua un sourcil ne sachant que trop penser. Il s’occuperait du cas de sa femme à tête reposée. C’était évident qu’ils avaient besoin de parler mais, avant, il voulait voir son fils. Pour l’instant, la petite n’avait pas sa place dans ses projets mais, les choses pouvaient encore changer. Après tout, elle était peut-être vraiment de lui.

« A moins que tu aies besoin de … de te rassasier avant. Tu connais notre adresse, non ? Tu pourrais nous rejoindre après... »

Visiblement, elle tenait absolument à ce qu’il vienne. Une idée apparue dans son esprit sinueux. Peut-être que tout ça n’était qu’un piège. Un plan tortueux et excessivement compliqué qui le ramènerait de nouveau dans une cage glacée voire pire. Cette idée se consuma rapidement. Non, il y avait trop d’éléments illogiques. Si elle voulait le ramener dans une cage, elle ne l’aurait pas laissé sortir. Elle n’avait rien à attendre de lui, rien que des chasseurs pourraient exploiter. Néanmoins, il resterait sur ses gardes. Le petit s’il-te-plaît qu’elle lâcha à la fin n’eut pas vraiment d’impact, sa décision étant prise depuis quelques instants. Quant à l’idée de se rassasier, il voulait voir Tyron avant tout. De plus, Keira lui avait apporté deux poches de sang quand il était encore enfermé.

Impassible, il reporta son regard sur la route. Il ne connaissait pas le quartier et essayait de mémoriser le plus de repères possibles. Il mit quelques secondes qui passèrent comme des heures avant de répondre.

« On vas chez toi »

Court, concis, précis. Sa voix était toujours empreinte de cette marque d’autorité qu’il avait hérité de son père. Il n’avait pas envie de s’étaler dans de grandes discussions, trop occupé à réfléchir à cette situation hors du commun que pour se perdre dans des discussions stériles. Keira sembla comprendre son envie de mutisme car elle ne parla pas non plus.

Quelques minutes plus tard, ils s’arrêtèrent devant une petite maison de deux étages. Ce n’était pas parfait mais, la bâtisse avait le mérite de rester discrète. Quand il pensait aux villas qu’il avait l’habitude d’occuper, ça l’énervait. Ses enfants méritaient bien mieux que cette ville minable. Pour la première fois, il pensa au pluriel, incluant la petite dont il n’avait pas retenu le nom. Une petite allée débutant à la boîte aux lettres et arrivant à la porte traversait un jardin bien entretenu décoré de quelques petites fleurs colorées. Le vampire suivait sa femme, sans un mot.

Une fois la clé tournée dans la serrure et l’invitation prononcée, Ashray entra dans la demeure. La télévision faisait un peu de bruit du côté de ce qui semblait être le salon. Une jeune fille était assise sur le canapé, sans doute la baby-sitter. Il n’en n’avait que faire et tendit l’oreille. Son ouïe de vampire lui apporta le battement régulier et innocent de deux petits cœurs encore trop fragiles. Il ne lui fallut pas plus d’une seconde pour trouver la chambre de Tyron.

Il poussa la porte et entra doucement dans une chambre plongée dans l’obscurité. Une petite veilleuse en forme de lapin éclairait le bord du lit et le visage de son fils. Le vampire s’approcha doucement, ne voulant pas le réveiller. Il s’agenouilla juste à côté regardant son fils avec un regard doux qui ne lui ressemblait plus tellement. Doucement, il caressa ses cheveux bruns qu’il avait hérités de sa mère. Son petit bonhomme avait pris un an, plus d’une année sans son père. Quand Ashray avait été arraché à sa famille, le petit Tyron apprenait à marcher et babillait des mots incompréhensibles mais qui faisaient le bonheur de ses parents. Sans doute maintenant était-il capable de courir tout seul dans le jardin et de parler d’un peu de tout.

De ses yeux azurs, quelques larmes coulèrent. Un mélange très pur de tristesse et de bonheur. Son cœur battait à une vitesse folle alors qu’un petit sourire éclaira son visage. C’était impressionnant de voir les deux faces d’une même pièce. D’un côté, un vampire mafieux capable de tuer quiconque se mettrait sur sa route, abusant des faibles, ne reculant devant rien. De l’autre, un père de famille aimant et concerné qui avait passé des heures à imiter le bruit des animaux avec son petit héritier assis sur ses genoux.

D’ailleurs, celui-ci commença à grimacer, cette moue que faisaient les enfants qui se réveillaient en pleine nuit. Le sourire d’Ashray s’élargit et il lui dit doucement.

« C’est moi Tyron, c’est papa »

Il n’eut même pas le temps d’avoir peur que son enfant de le reconnaisse pas. Tyron ouvrit ses petits yeux et s’écria qu’Ashray était revenu avant de sauter dans ses bras. Le pauvre vampire surchargé d’émotions le serra fort, les larmes coulant un peu plus. Il répéta qu’il était là, qu’il ne partira plus jamais et qu’il l’aimait. Il n’avait rien d’autre à dire et son fils ne voulait rien entendre d’autre.

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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Dim 10 Juil - 17:29


I'm still alive ... without you.
L'angoisse et l'appréhension lui serrait le cœur. Le temps filait, les secondes paraissaient interminables. Pourtant, Keira ne doutait pas vraiment de sa réponse. Elle le connaissait, plus que quiconque – malgré ce qu'on pouvait dire. Ashray désirait plus que tout revoir leur fils. Bien que surpris, il ne refuserait pas sa proposition. Elle semblait pouvoir lire dans ses pensées, se méfier face à son insistance, l'interprétant comme un potentiel piège – puis se résoudre à la conclusion la plus logique : Elle espérait sincèrement qu'il vienne. Sa réponse se fit entendre, claire et courte. Ne trouvant rien à y dire, elle s'abstint. Le soulagement envahit sa poitrine, cependant. Puis elle détourna le regard, se concentra sur la route et ne le regarda plus. Il était là. Il ne partirait pas. Il rentrerait avec elle. Si ce n'était pas pour elle, au moins, ça l'était pour Tyron. Elle s'était attendu à pire et à plus compliqué. Après leurs retrouvailles, ils se retrouveraient peut-être un moment ensemble, en famille, comme avant. Bien que rien ne soit comme avant. Ils pourraient parler. Enfin, elle pourrait tout lui dire. Il verrait Brooklyn. De plus, il ne semblait pas avoir envie de parler pour l'instant. Elle respectait ça. Il réfléchissait sûrement à ce qui allait se produire dans quelques minutes ou autres choses en lien.

Quelques minutes furent suffisantes pour arriver à destination. Le reste du trajet s'était déroulé sans qu'aucun mot ne soit échangé. Cela ne dérangeait pas Keira. Pour le moment, tout se passait comme elle aurait souhaité. Arrivée à la porte, elle invita Ashray à entrer. L'espace de deux ou de trois secondes, elle l'observa, analysant son expression. Elle avait encore du mal à croire qu'il était là. Cela lui paraissait presque irréel. Alors que le concerné s'éloignait déjà, en quête de leur fils, Keira s'entretient quelques secondes avec la baby-sitter. Celle-ci ne pipa mot face au nouvel arrivant. Keira espérait qu'elle n'avait pas eu le temps de remarquer le sang qui tâchait ses vêtements. Une fois payée et congédiée, la jeune fille s'en alla. Keira préférait ne pas aller voir son fils et son mari, jugeant qu'il était nécessaire de les laisser seuls. Tyron devait pourtant déjà dormir. Peut-être qu'Ashray n'oserait pas le réveiller. Tandis qu'elle réfléchissait à ce qu'elle pourrait faire pour s'occuper les mains, l'idée lui vint. Elle grimpa les escaliers et se dirigea vers sa chambre. Après avoir ouvert son armoire et dégagé un sac, elle en sortit une chemise et un pantalon, appartenant tous deux à Ashray. Il s'est avéré qu'elle était tout bonnement incapable de tout jeter, comme s'il n'existait plus. Après tout, elle avait agit avec l'idée de son retour imminent. Keira ne s'était jamais résignée à une autre possibilité, en aucun cas. Après hésitation, elle se saisit d'un sous-vêtement également. Les vêtements en main, alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la pièce, elle s'arrêta face à son reflet dans le miroir. Elle-même s'étonnait de l'impassibilité constant de son visage. La plupart du temps, on la voyait inexpressive. Cela s'était accentué depuis la disparition d'Ashray – fort heureusement, les personnes s'abstenaient du moindre commentaire et s'imaginaient comprendre la situation. Les seules fois où elle redevenait plus ou moins elle-même, ou se permettait d'être naturelle, c'était en présence de ses enfants. Elle se fit la réflexion que tous deux ignoraient bien la réalité qui se cachait derrière cette maman aimante. Elle jeta un dernier coup d'oeil et s'en alla. Ce n'était pas l'heure ni le moment de songer à être belle face à son mari. Chaque chose en son temps. Fort heureusement, la jeune femme s'avérait d'une patience extrême – du moins, en général. Optimiste, elle espérait qu'en faisant des efforts et en discutant tout en mettant cartes sur table, les choses iraient mieux. Elle l'espérait réellement. Toutefois, elle demeurait consciente que les choses allaient lentement reprendre leur place. On oubliait pas facilement. Si Keira était de nature rancunière, Ashray l'était tout autant.

Ashray avait des défauts. Comme tout être humain, certes. Ashray avait beau être charmant, son caractère, ses idées et son tempérament ne pouvaient pas être accepté et toléré par certaines femmes. Keira n'en avait jamais réellement eu conscience. Elle n'avait eu l'occasion de voir que de « bonnes facettes » de lui. Tour à tour le prétendant déterminé, le petit copain charmant, l'amant émérite, le mari attentionné, et le père de famille aimant et présent. Ashray ne se montrait pas sous un meilleur jour avec tout le monde. Mais elle gardait l'image qu'elle connaissait. Les souvenirs l'avaient aidé à tenir, alors qu'il lui manquait atrocement. L'espoir de le revoir, que les choses iraient mieux, que c'était la meilleure solution.

Lorsque Keira parvint près de la chambre de Tyron, elle l'entendit se réveiller. Le cri de son fils, surpris et profondément heureux, de revoir son père. Elle ne parvint pas à entendre les paroles d'Ashray. Le cœur lui serrait déjà, l'émotion lui nouait la gorge. Tout simplement heureuse et émue, pour deux des personnes chères à son cœur. Tyron revoyait enfin son père, après tout ce temps, après l'avoir réclamé, après avoir pleuré et cru qu'il l'avait abandonné. Et Ashray voyait de nouveau son fils qui lui avait été arraché trop longtemps. La culpabilité refit surface, qu'elle s'efforça de refouler. Pas maintenant. « Demain aussi, tu seras là ? » put-elle entendre. Évidemment, Tyron ne le lâcherait pas. Il voudrait revoir son père à la maison, tous les jours, comme avant. Pour lui, rien avait changé, l'heure était aux réjouissances. Il n'était encore qu'un enfant, ignorant tout du monde des adultes et de ses tristes réalités. Connaissant Tyron, il surgirait probablement dans la chambre de Keira le lendemain matin dans l'idée d'y retrouver son père, de s'assurer qu'il était bien de retour et qu'il ne partirait plus jamais. S'apprêtant à faire demi-tour et à se diriger au salon, la suite la prit totalement de court. Elle n'avait pas rêvé. Elle avait clairement entendu la phrase de son fils. « Maman a dit que tu reviendrais ». Évidemment qu'elle l'avait dit, promis, maintes fois. Comment pouvait-elle réagir autrement ? Une mère qui voyait son enfant pleurer, persuadé que son père l'avait abandonné et apeuré à l'idée qu'il ne l'aimait plus, relevait du supplice. Son cœur avait morflé, ce soir-là. Pour son fils. Pour elle, qui espérait la même chose que lui. Mais Ashray l'ignorait. Il croyait que Keira l'avait définitivement rayé de leurs vies de manière volontaire. Apprendre qu'elle avait promis à leur fils le retour d'Ashray changeait la donne. Ne serait-ce que insérer des doutes dans l'esprit d'Ashray. Elle eut à peine le temps d'entendre son fils murmurer que son père lui avait manqué avant de tourner les talons. Ne sachant quoi faire, la jeune femme se résolut à attendre, patiemment, assise sur le canapé, les vêtements d'Ashray sur les genoux. Brooklyn dormait profondément pour l'instant. Cela ne durerait sûrement pas. Raison de plus pour ne pas venir dans sa chambre et risquer de la réveiller. Au lieu de ça, elle attendit, tendue, en pleine réflexion. Ne prenant même pas la peine de s'adosser au dossier, les mains posées sur les vêtements. Elle réfléchissait. A ce qu'elle devrait dire, à comment elle devrait se comporter. A s'interroger.

Au bout d'un certain temps, elle sentit une présence et releva les yeux. Il était là, de nouveau, face à elle. Elle fut incapable d'articuler le moindre mot pendant quelques secondes, occupée à le regarder. Juste le regarder. Puis elle se leva, s'avança dans sa direction et avec hésitation, lui désigna les vêtements qu'elle tenait toujours : « Je suppose que tu veux prendre une douche. Tiens ». Sur ce, elle lui indiqua la salle de bain. Elle en avait profité pour regarder ses poignets, déjà cicatrisés. La magie des vampires.
Puis, elle attendit. Encore. Cela commençait à lui peser ; Il fallait à tout prix qu'elle lui parle. Plus l'échéance était repoussé, plus elle avait le temps de s'en faire. Keira ignorait même s'il souhaitait toujours discuter avec elle. Dans tous les cas, il était nécessaire qu'ils aient une discussion tous les deux.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Mer 3 Aoû - 21:43


I'm still alive
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... without you

Tenir son fils ainsi contre lui, sentir ce petit corps chaud et entendre son cœur innocent battre, c’était le plus beau cadeau qu’on pouvait faire à Ashray. La haine et la rancœur s’étaient entièrement consumées, ne laissant que des cendres emportées au vent. Tyron semblait aussi dans un paradis enfantin, tellement heureux de revoir son père. Même s’il n’était encore qu’un petit bout d’homme, sa présence lui avait énormément manquée. Mais, contrairement à beaucoup d’autres enfants, il avait la chance de revoir son père, en plutôt bon état d’ailleurs quand on savait qu’il était mort dans un fracas métallique.

De sa petite voix, il lui demandait s’il serait encore là demain. Le vampire le rassura en précisant bien qu’il ne comptait plus partir. D’ailleurs, face à son fils, il n’était plus vraiment un vampire, plutôt le père de famille qu’il était. C’était comme un repos de l’âme. Alors qu’Ashray le laissait se remettre dans son lit, Tyron lâcha une chose étonnante qui vola un petit sourire au paternel « Maman a dit que tu reviendrais ». Le petit garçon se réinstalla dans son lit, les yeux fatigués, pas habitué d’être ainsi réveillé en plein milieu de la nuit. Ashray ne savait pas comment prendre une telle nouvelle. D’ailleurs, c’était un peu le bazar dans sa tête. Bien qu’il avait imaginé des dizaines de fois les retrouvailles avec son petit héritier, le col blanc restait perplexe. Jamais il n’aurait cru que sa femme l’inviterait ainsi à entrer, lui laisserait du temps avec leur fils. Ses idées subissaient un profond réaménagement.

Il n’allait pas faire subir ses questionnements à son petit trésor et se contenta de quitter sa chambre en fermant doucement la porte. L’air interdit, il retourna vers le salon où sa femme l’attendait. Elle ne remarqua pas tout de suite sa présence et il eut tout le temps de l’observer. Même si elle avait l’air fatiguée, elle restait magnifique. Ses brands yeux de biches étaient toujours les mêmes et sa peau satinée lui donnait envie de la caresser. Lorsqu’elle le remarqua, elle se leva lui tendit un paquet de vêtements. Le buveur de sang n’eut aucune difficulté à remarquer que c’était ses vêtements à lui, vieux d’un an, mais les siens. Ashray ne s’habillait pas n’importe comment et la tenue proposée devait valoir plus qu’un quelconque revenu social pour toute une famille.

« Je suppose que tu veux prendre une douche. Tiens »

Une douche serait effectivement la bienvenue. De nouveau, il ne savait pas comment prendre le fait qu’elle l’invitait ainsi dans sa maison et surtout, qu’elle avait conservée ses vêtements. Bien qu’il gardait cet air interdit qu’il avait appris à afficher dans ses affaires, ses pensées s’emmêlaient. Connaissant sa femme, elle attendrait sans doute le moment après la douche pour entamer une longue discussion. Et, bien que toutes ses questions méritaient réponses, il ne s’en sentait pas capable. En réalité, c’était d’autre chose qu’il avait envie, une activité qui n’impliquait aucunement de parler.

A la vitesse d’un vampire, il vint elle la plaquant contre le mur d’en face, sans vraiment de douceur mais sans chercher à lui faire le moindre mal. Là, il la toisa de toute sa hauteur et de son regard métallique avant de se pencher pour l’embrasser. Sans doute qu’elle ne s’attendait absolument pas à ça puisqu’il entendit son cœur battre à une vitesse folle. Son baiser était bouillant, témoin du désir qui prenait contrôle de son corps. Rapidement, il descendit dans son cou où il laissa traîner ses crocs sans pour autant la mordre. Ses baisers se perdirent dans son décolleté alors que ses gestes rapides s’occupaient déjà de les débarrasser de leurs vêtements encombrants. Ce n'était sans doute pas ce à quoi elle s'attendait mais, Ashray restait un homme. Il avait toujours été attiré par Keira, il n'y avait aucune raison que les choses changent, surtout quand on connaissait la réputation des vampires.


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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Jeu 4 Aoû - 22:31


Pendant un instant, elle s'interrogea sur la réaction d'Ashray. Celui-ci mit un temps d'arrêt face à sa proposition, affichant un air interdit, alors que Keira le dévisageait, les vêtements dans les bras. Quelques secondes s'écoulèrent, où elle se demandait s'il allait dire quelque chose, à propos de Tyron ou autre, ou lui poser une question. Ce n'était ni l'un, ni l'autre, en vérité. La surprise fut absolument totale, ne s'attendant à aucun moment qu'Ashray réagisse de cette manière. La seconde suivant son hésitation, elle se retrouvait plaquée au mur qui se trouvait derrière elle. Elle craignit un instant de se cogner la tête de manière ridicule mais, il fallait croire qu'une quelconque divinité avait décidé de lui éviter ce moment ou gênant, ou la chance lui souriait. Elle ne s'y attarda pas, occupée à dévisager son mari sans parvenir à cacher sa surprise. Celui-ci la toisait de haut en bas. Elle ne craignit à aucun moment qu'il n'élève la voix – il n'aurait pas cherché à la plaquer sans brutalité sinon. Il n'était pas en colère. Ce fut la seule constatation qui eut le temps de traverser son esprit avant qu'il ne se penche pour l'embrasser. A ce moment, Keira se retrouvait tellement abasourdie qu'elle ne réagit pas tout de suite. Toutefois, sa réaction ne tarda pas. Sa main se posa sur la nuque d'Ashray, le poussant à l'embrasser davantage. C'était comme si son cerveau ne lui répondait plus, qu'elle n'avait nullement conscience de ce qui se passait autour d'elle – tout se résumait à Ashray. On aurait pu croire qu'il avait allumé un feu d'artifice en elle – ce qui se rapprochait assez près de la réalité. Il avait cet effet sur elle, leur éloignement forcé ne faisait que renforcer cette caractéristique. A aucun moment elle ne songea à le repousser. Son corps et son esprit s'accordaient sur la manière de faire : Lui répondre. Il s'était passé beaucoup de choses aujourd'hui, manifestement, Ashray ne tenait pas particulièrement à obtenir ses réponses le jour même. Il avait autre chose en tête – ce qui ne dérangeait nullement Keira. Bêtement, elle se sentait soulagée qu'il ne la déteste pas au point de ne pas pouvoir la toucher. Il venait de lui prouver qu'il y arrivait parfaitement, et que mieux : Il en ressentait l'envie. Dans son esprit, les choses ne pouvaient qu'aller mieux après leur discussion. Ashray ne la détestait pas. Elle était tellement heureuse qu'elle répondait avec plaisir à ce que voulait Ashray. Si la jeune femme avait été capable de réfléchir, elle n'aurait pas pu s'empêcher de se demander si c'était parce qu'elle lui avait manqué, ou parce qu'il avait simplement envie de sauter quelqu'un. Elle l'ignorait et préférait ne pas s'attarder dessus – après tout, sa concentration se fixait sur tout autre chose.

Elle n'avait conscience de rien d'autre hormis les agissements d'Ashray. Peut-être avait-elle les yeux à demi fermés lorsqu'il s'attarda sur son décolleté. Quand il fit mine de se débarasser de certaines couches de vêtement, elle se laissa docilement faire. Elle ne résista pas à la tentation de glisser ses mains sur son torse, s'y attardant un peu avant de lui ôter ce qui lui restait de chemise. Elle l'embrassait avec énergie, ses mains se baladaient audacieusement sur lui. Keira cherchait à lui prouver plusieurs choses, à travers ses gestes. A défaut de lui expliquer ce qu'elle ressentait, elle lui montrait. Elle voulait qu'il comprenne autrement que par des mots qu'elle l'aimait encore – et n'avait jamais cessé de le faire. Qu'il lui avait manqué, et pas seulement sur ce terrain-là. Ses gestes purement affectifs, son attitude qui démontrait qu'elle souhaitait s'y attarder et prendre son temps – plutôt que de l'exciter sommairement pour assouvir un besoin exclusivement physique. Ensuite, elle tenait absolument à lui démontrer qu'il adorait le faire avec elle, et qu'il ne trouverait pas mieux ailleurs. Une manière de le reconquérir un peu bancale, certes, mais c'était un début. Keira ne souhaitait pas qu'il oublie tout – qu'elle pouvait le rendre heureux, et qu'ils l'avaient été. Et qu'ils pouvaient l'être encore ensemble. Son corps réagissait naturellement, elle n'avait pas besoin de réfléchir à ce qu'elle devait faire. Elle faisait, tout simplement. Fort heureusement, quand elle lui fit comprendre qu'elle n'avait pas l'intention de lui répondre en cinq minutes, il s'y accommoda. La jeune femme se rendit à peine compte quand Ashray la bougeait – Elle eut vaguement conscience d'enrouler ses jambes autour de sa taille, le dos contre le mur, à un moment donné ; elle ne prit même pas conscience du trajet jusqu'à la chambre par la suite. Keira se laissait guider, avant de prendre la situation en main. Elle voulait lui faire plaisir, qu'il s'éclate – et savait pertinemment comment faire. Et cela fonctionnait, au vu des réactions d'Ashray, qui ne faisaient que l'enhardir encore davantage. Alors qu'elle était occupée à l'embrasser dans le cou, à califourchon sur elle, elle espérait qu'il ait compris – bien qu'elle n'en doutait pas vraiment. Ashray la connaissait. Si elle était vraiment dégoûtée par sa personne, elle ne le toucherait pas comme ça. Si elle ne l'aimait pas, non plus. S'il ne lui avait pas manqué, encore une fois, elle aurait réagi différemment. Keira estima avoir bien réussi son coup, en profitant un minimum – ignorant si le lendemain, elle aurait droit aux même considérations.

Une fois allongée sur le lit, rassasiée, reprenant calmement son souffle, elle caressa un moment le dos d'Ashray avant qu'il ne se rallonge à son tour. Ce fut à ce moment-là, tandis qu'elle se blotissait instinctivement contre lui, qu'elle craignit qu'il la repousse. Mais il ne le fit pas. Il passa un bras autour d'elle – et Keira se fit la réflexion qu'elle ne pouvait pas être plus heureuse. Ce n'était rien, pourtant. Un geste risible face à ce qu'ils venaient de faire. Pourtant, cela signifiait quelque chose – du moins, aux yeux de Keira. L'espoir l'envahit, si bien qu'elle souriait – heureuse. Elle ne prit pas la parole pour autant, tandis qu'elle caressait encore un peu Ashray, doucement, comme ils en avaient l'habitude. Elle ne souhaitait pas parler. Elle avait dit ce qu'elle avait à dire – bien que d'une autre manière. La jeune femme eut juste le temps de l'embrasser doucement dans le cou avant qu'elle ne le sente basculer dans les bras de Morphée. Vu tout ce qu'il avait vécu ces derniers jours, cela ne se révélait pas surprenant. Avec plus de facilité qu'elle aurait cru, elle s'endormit. Chose plus surprenante encore, aucun cauchemar ne vient troubler son sommeil. Ce qui n'était pas si étonnant que ça, tout compte fait – étant donné la présence de son mari, l'homme qu'elle aimait, à ses côtés. Elle avait tellement eu peur d'apprendre sa mort un jour, elle avait eu le temps de s'imaginer les pires scénarios. Elle avait l'impression que cela faisait une éternité qu'ils ne s'étaient pas vus. De toute manière, la chasseuse comptait bien rattraper le temps perdu.

Elle se réveilla à un moment donné dans la nuit. L'habitude. Keira avait tendance à se réveiller deux fois minimum par nuit – si Brook ne se chargeait pas de la réveiller. Elle ne réussit pas à se rendormir. Sa fille choisit ce moment pour se réveiller et Keira se hâta de couper l'appareil, posé à côté de son lit. Fort heureusement, Ashray ne s'était pas reveillé. Elle se glissa aussi silencieusement que possible hors du lit et de la chambre pour aller dans la chambre de sa fille. Keira s'en occupa un peu, la gardant dans les bras un moment – le temps nécessaire pour qu'elle s'endorme. Elle caressa la joue de sa fille, lui disant en pensée que son père était de retour et qu'elle le verrait enfin. Finalement, elle sortit de la pièce et avant de retourner dans sa chambre, elle prit le temps d'aller récupérer les vêtements dans le salon, qu'elle avait laissé lui échapper des mains. Elle s'en saisit et retourna sur ses pas, les posant juste à côté avant de se glisser aux côtés d'Ashray de nouveau. Keira se blottit contre lui, entendant sa respiration – signe qu'il vivait, malgré ce qu'on racontait sur les vampires et ce qu'on lui avait rapporté à propos de son mari. Ce son, si insignifiant aux oreilles de la plupart des gens, parvint à l'endormir. Il était difficile de décrire combien elle était immensément soulagée de le voir en vie et de le voir à ses côtés. Encore une fois, elle se réveilla avant Ashray. Il était encore tôt dans la matinée. Cette fois-ci, elle savait qu'elle ne réussirait pas à se rendormir. Elle regarda un peu Ashray, d'un regard qui pouvait tromper personne. On reconnaissait facilement une femme amoureuse. La main posée sur le ventre d'Ashray, qui bougeait en fonction de sa respiration, elle ferma les yeux, profitant de ce moment simple. Keira ignorait combien de temps s'était écoulé lorsque son fils surgit dans la chambre, les cheveux en bataille. Keira se redressa légèrement pour le regarder, l'interrogeant du regard sur ce qu'il voulait. « Papa ?» se contenta-t-il de dire, désignant vaguement la forme presque indistincte d'Ashray dans l'obscurité de la chambre. Keira embrassa son mari sur la joue, avant de lui souffler à l'oreille que son fils le réclamait. Après l'avoir interpellé avec un « chéri ? », Ashray avait ouvert les yeux. Keira ne se demanda pas si elle avait le droit de l'appeler encore ainsi ou non. A vrai dire, elle n'y avait pas vraiment réfléchi sur le moment – c'était sorti spontanément. Pour le moment, elle trottait sur son petit nuage – et elle ne souhaitait pas du tout qu'on la fasse redescendre. Keira posa les vêtements d'Ashray juste à côté de lui, puisqu'il se retrouvait dans son plus simple appareil après leur nuit de retrouvailles. Elle alla au bord du lit de son côté et s'habilla, alors que Tyron s'était rapproché de son père. Elle enfila rapidement un shorty et un tee-shirt avant de sortir de la chambre, laissant son mari et leur fils seuls. Keira avait quelqu'un d'autre dont elle devait s'occuper. Après avoir ouvert doucement la porte de la chambre de sa glisse, elle parvint jusqu'au berceau. Finalement, elle la prit dans ses bras, s'en occupa un moment avant de se décider à sortir de la pièce. L'appréhension apparut, mais elle ne se laissa pas influencer. En sortant, Keira constata que les deux hommes de sa vie se retrouvaient à table, Tyron devant un bol avec des céréales. Il avait encore les cheveux ébouriffés et portait encore son fameux pyjama de Monstres et Compagnie. Ashray lui tournait le dos : « Ash ? » l'appela-t-elle doucement, et il tourna la tête vers elle. Ses yeux tombèrent sur cette fille qu'il ne connaissait pas encore. Âgée de seulement huit mois, Brooklyn était encore un bébé. La tête posée sur la poitrine de Keira, elle somnolait encore un peu. Keira n'avait pas fait prêté attention au fait qu'elle portait l'une des chemises d'Ash comme pyjama - bon, il était trop tard. Puis, elle n'avait rien à lui cacher. Elle se sentait à la place de Mufasa dans le Roi Lion, présentant son enfant à la foule. Bien que sa foule à elle, c'était Ashray. Ce dernier avait enfilé le tee-shirt, ce qui soulagea son épouse – elle aurait du mal à se concentrer ce matin si elle devait le dévorer des yeux. Brooklyn avait légèrement redressé la tête, peut-être pour essayer de savoir à qui parlait sa mère. Face à l'hésitation manifeste d'Ashray, Keira choisit de prendre les devants : « Est-ce que tu veux la tenir ? ».
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Jeu 11 Aoû - 22:08


I'm still alive
  ft. ASHRAY & KEIRA



... without you

Le sommeil d’Ashray était rarement calme. Avec une vie telle que la sienne, Morphée déposait sur ses yeux un sable anxieux. Il était fréquent de le voir se réveiller en pleine nuit pour vérifier quelque chose ou tout simplement travailler. Cette caractéristique s’était transformée un une qualité avec l’arrivée de Tyron. Ainsi, il passait pour un papa attentif et soucieux en se levant quasi chaque nuit pour aller voir que son petit homme dormait et soulager sa femme qui l’avait déjà supporté toute la journée.

Cette nuit ne fit pas exception. Il passa plusieurs heures les yeux grands ouverts fixés sur le plafond, Keira blottie contre lui. Son battement de cœur régulier venait à ses oreilles comme le métronome de ses pensées. A ses idées concernant le futur, venaient se mêler quelques scènes nées dans le passé. L’avenir était encore incertain voire même fragile. Ses ressentiments étaient toujours bien là, ancrés dans sa peau comme un tatouage. Une longue discussion les attendait mais, le jeune vampire n’en avait pas vraiment envie. Tyron était la pièce maîtresse de son jeu et, l’idée de le prendre et de partir loin d’ici ne resta dans son esprit que quelques minutes alors qu’elle avait été sa parfait obsession pendant plusieurs mois. L’attitude de Keira avait bouleversé l’échiquier et lui avec. Pas un seul instant il n’aurait cru la voir si docile, coopérative.

Lorsqu’elle se réveilla, il dormait, vraiment cette fois. Même en étant un vampire, le sommeil lui était une précieuse ressource qui lui permettait de retrouver toutes ses forces pour affronter le jour. Et, la journée qui l’attendait s’annonçait déjà particulièrement longue et compliquée, son instinct ne le trompait pas. Ce fut d’ailleurs la voix de sa femme qui l’extirpa du confort de la nuit définitivement. Il ne tilta pas sur le surnom, il était habitué. C’était un réveil normal, enfin, presque. Tyron était déjà là, impatient petit protégé de la maison, ses souhaits étaient toujours exaucés. Et là, le souhait en question était de profiter de son papa absent si longtemps dès les premières lueurs de l’aube. Inutile de préciser que pour un enfant de son âge, l’aube c’était les dessins animés du matin.

Keira lui passa ses vêtements avant de s’en aller, laissant les deux hommes de sa vie seuls. Ashray enfila un pantalon avant d’accueillir sa descendance visiblement très heureux de le revoir malgré sa tête du matin. Et oui, les vampires aussi avaient une tête du matin avec les cheveux ébouriffés, l’air décaféiné ou, dans leur cas, à peine sortis du cercueil. Disposant de beaucoup plus d’énergie que son paternel, il sautillait sur place et lui ordonnant presque de venir voir les dessins animés avec lui, tirant de toutes ses petites forces sur sa main pour le faire se lever. En sortant du lit, il remarqua que son fils portait un pyjama combinaison du film Monstre & Cie. Il se demanda alors qu’est-ce qu’avait pu faire ce garnement pour initier dans l’esprit de  sa mère l’image d’un horrible monstre bleu plein de crocs. C’était lui qui allait devoir payer la psychanalyse de ce pauvre enfant.

La cuisine ouverte donnait sur le salon, permettant à Tyron de manger ses céréales sur la table sans quitter des yeux la télévision qui passait un de ces ignobles dessin animé en 3D. Le petit était d’ailleurs, et en même temps, émerveillé par une petite cuillère colorée offerte dans le paquet de Coco Pops qui changeait de couleur quand on la plongeait dans le lait. Ashray résista à l’envie de lui dire que, la cuillère magique ainsi que son horrible pyjama étaient fabriqués par des enfants esclaves en Chine.

D’un coup d’œil peu satisfait, il jugea la maison. Malgré le fait que le séjour était assez grand et très lumineux, le vampire n’appréciait pas. Habitué au luxe et au design, il n’acceptait pas que sa progéniture vive dans une maison si banale. La cuisine donnait d’ailleurs sur le jardin. Bien entretenu, il disposait d’une balançoire et d’un bac à sable. Inutile de chercher une quelconque piscine, sa femme avait sans doute voulu jouer la carte de la discrétion au grand damne de son mari fastueux et ostentatoire au possible. Lorsque son regard se posa sur la machine à café, il passa une main sur son visage, blasé au possible. Dire que son fils grandissait dans une maison sans une machine à café italien. Ne pouvant avoir mieux pour l’instant, il fit fonctionner la machine dans un bruit horrible. Horrible mais, pas autant que le jus de chaussette qu’elle lui servit.

Résultat, quand Keira arriva dans le séjour, sa précieuse petite fille dans ses bras, Ashray était debout près de la fenêtre, bras tendus, prêt à lâcher cette horrible machine sur le sol à l’extérieur. Il tourna la tête vers elle et l’accusa du regard d’avoir essayé de l’empoisonner avec un mauvais café, l’air blasé. Elle ne fit pas vraiment attention, habituée aux exubérances de son époux.

« Est-ce que tu veux la tenir ? ».

Il commença par la lâcher dans un bruit fracassant qui fit se retourner Tyron, la machine hein, pas sa fille.  D’ailleurs, son fils lui demanda :

« Mais papa qu’est-ce que tu fais ? »

« Le tri sélectif Tyron, le tri sélectif »

Son acte tenait plutôt du caprice d’enfant gâté que d’un véritable souci écologique. D’un autre côté, l’acide qui sortait de cet engin démoniaque devait être très mauvais pour la planète. Son attention se porta sur la petite. Il s’approcha et la regarda. C’était certain qu’elle n’avait pas encore un an mais, la petite chose avait déjà des petits cheveux blonds et des yeux bleus, exactement comme ceux de son papa. C’était le premier contact entre eux, un contact étrange fait de méfiance de chaque côté. Pour Brooklyn, c’était un grand homme, imposant à l’air fermé. Pour Ashray, c’était une petite chose fragile dans un pyjama animal.

« Il va falloir qu’on parle de ces pyjama hein »

Il se souvenait que Keira avait la mauvaise manie de vouloir lui faire passer des messages de manière subtile. Un peu comme toutes les femmes qui pensaient les hommes télépathes. Sauf que là, il ne savait pas si elle considérait ses enfants comme des monstres ou si elle voulait un chien. Le mystère était entier.

Doucement, il prit sa fille dans ses bras, se souvenant parfaitement d’avoir essayé plusieurs fois avec Keira d’avoir un deuxième enfant. Ils avaient discuté de cette question et étaient d’accord sur le fait que leurs enfants ne devaient pas avoir une trop grande différence d’âge. C’était donc tout à fait possible que ce bébé caché dans un pyjama débile soit de lui. Instinctivement, il lui sourit. Pas un sourire de vampire plein de crocs, plutôt un sourire tendre. Le bébé l’imita, tendant sa petite main vers lui. Le buveur de sang leva les yeux vers Keira après quelques secondes d’osmose avec son bébé. Cette dernière avait l’air d’un filtre snapchat, celui avec de grands yeux brillants et un arc-en-ciel qui dégouline de la bouche ouverte.

Tyron les rejoint, voulant aussi voir sa petite sœur. Et, à ce moment, Ashray ressentit un sentiment de paix si précieux de par sa rareté. Avec sa petite famille autour, il avait enfin l’impression d’être chez lui. Dans un chez lui de pauvre, mais ça …



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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Dim 14 Aoû - 17:23


Qu'elle ne fut pas sa surprise de découvrir son mari, visiblement contrarié, tenant ce qui semblait être la machine à café. Ne pouvant s'empêcher de réagir, elle se contenta néanmoins d'arquer un sourcil, perplexe. Pourtant habituée aux excentricités de celui-ci,  il réussissait parfois à la surprendre. Keira se doutait de la raison de son exaspération. En partant, ses préoccupations n'étaient pas tournées vers la machine à café. Keira s'en servait par nécessité, afin de tenir lorsqu'elle travaillait trop et ne dormait pas suffisamment. Elle n'exigeait pas le summum de la qualité – ce que son mari ne comprenait pas. Habitué au faste et au luxe, il avait la fâcheuse tendance à acheter toutes sortes de choses qui, au final, ne se révélaient pas si utiles que ça. Ayant été élevée dans le même milieu que lui, Keira avait côtoyé d'autres personnes d'autres horizons – ce qui s'était d'autant plus renforcé une fois parvenue à l'université. On lui avait toujours sommé de s'entourer des bonnes personnes, venant de milieux respectables et de familles connues. Après son arrivée dans l'environnement universitaire, elle s'était permis de se comporter comme elle l'entendait – des concours de circonstances avaient multiplié les rencontres diverses. Moins fermée que d'autres, Keira s'y était acclimatée. Elle n'avait eu autant d'excentricité et d’exigence que les autres sur ce plan, tout comme sur le plan matériel, bien qu'elle exigeait un certain confort.

Keira sursauta vivement en entendant le fracas, suite au cinéma d'Ashray. Instinctivement, elle renforça sa prise sur sa fille comme si cela allait suffire à ne pas l'inquiéter. Comme elle avait les yeux posés sur sa fille qui la regardait de ses grands yeux bleu-gris, elle ne remarqua pas son fils qui venait de se retourner. Dans d'autres circonstances, elle aurait certainement râlé. Toutefois, ils venaient de se retrouver – ce qui faisait que d'une certaine façon, subir les excentricités de son mari lui prodiguait une forme de nostalgie. La jeune femme secoua lentement la tête, feignant l'exaspération, sans pouvoir réprimer un sourire amusé. Son visage reprit rapidement son sérieux, constatant que son mari s'était rapproché et observait l'enfant qu'elle tenait dans les bras. C'était comme si aucune autre chose ne pouvait attirer son attention, ses yeux résolument fixés sur Ashray. Une certaine nervosité prit forme, bien qu'elle n'en démontra rien – comme toujours. Il s'agissait d'un premier contact : maladroit. Elle fut presque surprise de l'entendre parler : Visiblement, les pyjamas de leurs enfants attirait son attention. « Si tu le dis » se contenta-t-elle d'échapper, doucement, mécaniquement, comme si ses paroles n'avaient pas grande importance. D'ordinaire, elle n'appréciait pas le fait de parler pour ne rien dire – Mais elle était nerveuse et ignorait la bonne manière de se comporter. Finalement, elle choisit de nouveau le silence. A dire vrai, la jeune femme éprouvait le sentiment d'avoir à faire à  un moment précieux, privilégié, que le moindre son pouvait briser. Et pour rien au monde, elle ne souhaitait sortir de cette petite bulle.

Ashray se décida enfin à prendre son deuxième enfant dans ses bras. Keira, incapable d'articuler le moindre mot ni de penser à autre chose, le dévisagea prudemment. Ashray observait leur fille, la découvrant pour la première fois. Pour un peu, elle se sentirait à la place de n'importe quel animal présentant sa progéniture à son partenaire, attendant son verdict. C'était à ce moment-là qu'il sourit, créant instantanément une vague de soulagement et de joie dans le cœur de Keira. Toute sa nervosité s'avérait envolée – du moins, pour le moment. Brooklyn, curieuse aussi, tendit sa petite main vers la joue de son père – ce qui finit d'attendrir irrémédiablement sa mère. Quand Ash posa ses yeux sur son visage, Keira devait porter une expression douce, rehaussé par un regard attendri. Le dernier membre de la petite famille, Tyron, s'était silencieusement levé de sa chaise et rapproché, cherchant la main de sa mère. Keira lui caressa les cheveux, pour finir par le porter dans ses bras. Fort heureusement, il n'était pas encore trop lourd pour qu'elle ne puisse plus le porter. Son sourire illuminait totalement son visage, si bien que certaines personnes ne pourraient plus la reconnaître. Elle embrassa la joue de son fils, qui s'était manifestement senti à l'écart et souhaitait rejoindre ses deux parents ainsi que sa petite sœur. A ce moment-là, Keira éprouva de nouveau le sentiment d'être en famille – dans sa totalité. Maintenant qu'Ash était de retour, ils étaient au complet, en famille, ensemble. Keira comptait bien sur le fait que cela devait rester ainsi. Toutefois, ses doutes revinrent à la charge : Avait-elle toujours sa place ? Ils seraient toujours une famille, quelque part, mais un lien indestructible liait Ashray à leurs enfants. Quoiqu'il se produise, ils resteraient toujours ses enfants. Mais elle … Ashray voudrait certainement passer la journée avec Ty, peut-être même avec Brook. Mais Keira ignorait sa place, dans tout ça. Où était sa place dans l'univers d'Ash – s'il voulait encore qu'elle en ait une. Elle l'espérait plus que tout. Elle souhaitait regagner sa place, dans le cœur et l'estime d'Ashray. Redevenir son épouse, son alliée, celle en qui il pouvait avoir pleine confiance, la femme qu'il aimait, tout simplement.

Leurs regards finirent par se croiser. Keira se demandait s'il pouvait lire en elle, comme il l'avait toujours fait. Devinait-il ce à quoi elle songeait ? Percevait-il son trouble ? Brusquement, Brook attira son attention – lui signifiant très clairement que les câlins, c'était pas trop mal, mais qu'elle avait faim. Keira posa son fils sur le sol, marmonna un « Je m'en occupe » avant de reprendre sa fille dans ses bras. Après avoir eu Brooklyn, Keira avait pris l'habitude de revêtir une chemise – plus facile à dénouer qu'un tee-shirt pour faire ce qu'elle avait à faire. Keira ne prit même pas conscience qu'elle portait l'une d'Ashray – depuis le temps qu'elle avait pris cette habitude, elle n'y prêtait même plus attention. Une fois calée de nouveau dans ses bras, Keira s'éloigna et prit place au salon, qui s'avérait adjacent à la cuisine. Encore une habitude. Elle appréciait assez ces moments-là, posée, calme, assise avec sa fille. Elle se sentait tellement éloignée de son quotidien, ne revêtant que son rôle de mère et rien d'autre. Keira chérissait chacun des moments passés avec ses enfants, bien qu'ils aient laissé un goût amer après le départ d'Ash. Elle n'était pas parvenue à savourer ces plaisirs de quotidien, son esprit la ramenant inévitablement auprès de son mari. Maintenant qu'il était de retour, elle se sentait apaisée. Comme si en partant, il avait pris quelque chose, et que c'est seulement à son retour qu'elle redevenait entière. Elle songea à ces femmes, à ces maris, qui ne revoyaient jamais l'être qu'ils aimaient. Séparés par la mort, la distance, les rancœurs, les épreuves. Pour avoir cru plusieurs fois que son mari avait trouvé la mort, Keira ne souhaitait à aucun moment rejoindre ces veufs et veuves, bien qu'elle le soit officiellement, soit dit en passant. A ses yeux, elle ne l'était pas – elle restait une femme mariée. A savoir si Ashray estimait toujours ce statut, ou non.

Elle entendait vaguement Ty déblatérer toutes sortes de choses, et Ashray qui prenait la parole de temps en temps – celui-ci ne s'avérait pas trop du matin. Mais il était réuni avec son fils, alors cela prenait probablement le pas sur son état. Cela fini, Keira reboutonna les boutons et se leva, pour revenir auprès de son mari et de son fils. Ses gestes mécaniques la conduisirent à se préparer un thé, Brooklyn toujours dans les bras qui s'amusait maintenant avec les cheveux de sa mère. Profitant d'une pause dans les paroles de Tyron, Keira demanda à Ashray s'il avait faim – à double sens, si la faim lui était revenue et si elle devait s'en occuper ou s'il ressentait l'envie de manger quelque chose de … normal. Keira se retourna, posant sa boisson sur la table puis posa les yeux sur son fils. Une idée lui était venue quelques secondes plus tôt et elle en profita : « Tyron, tu n'aurais pas oublié quelque chose ? ». Le dénommé leva les yeux vers sa mère, l'air confus « Euh … ». Keira l'aida : « Tu sais, ce quelque chose, que tu voulais montrer à ton papa » en le regardant droit dans les yeux. Une lueur de compréhension finit par illuminer ses yeux, se tourna vers son père d'un air penaud, puis sauta de sa chaise pour courir dans sa chambre avec ses petites jambes. Quand Ash lui jeta un regard interrogateur, Keira haussa les épaules innocemment, occupée à boire. Une fois sa tasse reposée, elle hésita à parler et à le regarder en face, sentant la nervosité refaire surface. « Tu sais ... » Elle choisit ce moment pour lever les yeux et le regarder. « Tyron veut que tu reviennes à la maison. Brooklyn a besoin de son père. Je ne veux pas te forcer, mais … Ce serait bien si tu choisissais de rester ici ». Après hésitation, elle se résolut à ajouter : « Puis, les enfants ne sont pas les seuls à avoir besoin de toi et à avoir envie que tu restes ». Elle ne parlait pas fort, mais suffisamment pour qu'Ash l'entende. Elle se sentait nerveuse, presque timide et détestait ça. Mais elle devait prendre sur elle et dire ce qu'elle pensait, ce qu'elle ressentait – Ashray n'était pas télépathe. Bien qu'elle n'en n'ait pas l'habitude, il allait falloir qu'elle fasse des efforts et se montre plus directe. Keira crut défaillir en le voyant s'apprêter à prendre la parole, juste au moment où ils entendirent Tyron avant même de l'apercevoir – ces derniers temps, il ne tenait plus en place. Keira devait le retenir pour qu'il évite de courir de partout. Tyron venait de revenir, son cadeau dans les mains avec un petit air gêné. Evidemment, en tant que maman, Keira ne réussit qu'à s'attendrir. Elle se fit la réflexion que ce petit gars là parviendrait probablement en grandissant à obtenir tout ce qu'il voulait de sa mère. Elle le trouvait adorable, toujours. Même quand il l'avait énervée et finissait par pleurer ou la regarder avec ses yeux larmoyants, cherchant son pardon – qu'il obtenait à tous les coups. L'ironie totale, capable de résister à n'importe qui sauf à ses enfants – une légende qui s'effondre, presque. Tyron s'approcha de son père, lui tendit ce qu'il avait fait et restait debout juste à côté de lui, cherchant son approbation et sa fierté. Tyron se mit à décrire ce que c'était, ajoutant qu'il s'était beaucoup appliqué – plus que les autres enfants. Ce n'était qu'une babiole, un rien du tout fait par des mains d'enfant. Mais quelque chose lui disait que la signification du geste ferait plaisir à son père - Son fils ne l'avait pas oublié. Sa femme non plus, bien qu'il l'ignorait encore. Elle ne souhaitait pas le forcer, attendant patiemment qu'il daigne lui poser les questions nécessaires. Toutefois un certain nombre de choses avait attiré son attention, le forçant à ébranler ses certitudes et à revoir son jugement. Keira lui montrait à sa façon, lentement, sans le brusquer. Elle avait beau être une mère, elle restait une femme et une épouse. Keira avait besoin de retrouver son mari, de lui parler et de savoir si elle lui avait manqué autant que lui l'avait manqué.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Mar 16 Aoû - 21:18


I'm still alive
  ft. ASHRAY & KEIRA



... without you

Keira semblait absolument ravie que son mari s’intéresse à la petite dernière. Même si Ashray, de part son côté méfiant légendaire qui lui avait quand même souvent sauvé la vie, éprouvait encore quelques doutes tacites sur sa paternité, il ne pouvait pas rejeter cette petite fille. Après tout, elle n’était coupable de rien, elle. Quand la petite commença à pleurer, sans doute habituée à avoir droit à son lait sacré, si chaud et si doux à cette heure-ci, il la confia à sa mère qui s’exila sur le canapé pour la nourrir au sein, comme la nature le voulait.

Le père de famille s’occupa de son fils, avec un rare entrain il fallait l’avouer. Malgré son manque de caféine, il était suffisamment heureux de le revoir que pour gâcher ce moment avec un stupide mauvais café. Son fils partageait sa joie. Malgré son jeune âge, les deux hommes avaient eu une relation très fusionnelle. Dans les yeux du col blanc, son fils était son petit héritier, l’homme qui reprendrait ses affaires, donnerait naissance à une glorieuse génération portant son nom. Tyron était encore tout petit mais, les espoirs ambitieux de son père reposaient déjà sur ses minuscules épaules sans qu’il ne s’en doute, innocent comme tous les enfants de son âge.

Keira qui avait finit de nourrir Brooklyn se releva et se prépara un thé. Jamais le vampire n’avait compris cette passion qu’avaient les femmes pour boire de l’eau chaude avec des plantes dedans. A ce rythme là, elles pouvaient tout aussi bien récolter l’herbe du jardin. En plus, elles buvaient toujours cette ignoble boisson dans de toutes petites tasses toutes fragiles. D’ailleurs, celle-ci s’inquiéta, lui demandant s’il avait faim. Son regard posait clairement la question du sang. Ashray ne répondit pas, ce n’était pas vraiment un sujet qu’il désirait aborder avec elle. Pas après tout ce qui s’était passé. Voyant que la conversation n’allait pas démarrer par là, elle se reporta sur leur fils :

« Tyron, tu n'aurais pas oublié quelque chose ? ».
« Euh … ».
« Tu sais, ce quelque chose, que tu voulais montrer à ton papa »
Tyron semblait avoir une illumination, s’enfuyant rapidement, attisant la curiosité de son père. Qu’est-ce qu’ils avaient encore trafiqué ces deux là ?
« Tu sais ... Tyron veut que tu reviennes à la maison. Brooklyn a besoin de son père. Je ne veux pas te forcer, mais … Ce serait bien si tu choisissais de rester ici. Puis, les enfants ne sont pas les seuls à avoir besoin de toi et à avoir envie que tu restes ».

De nouveau, il ne répondit pas. Bien sûr qu’il voulait être près de Tyron, c’était même son objectif principal depuis longtemps maintenant. De là à revivre et reconstruire quelque chose avec Keira, c’était une autre question qu’il n’avait pas envie d’aborder. Le vampire avait besoin de prendre ses marques, de régler cette histoire de chasseurs au plus vite et de retrouver un semblant de vie normale, aussi normale que pouvait être la vie d’un immortel condamné à se nourrir du sang des autres créatures sans jamais le moindre répit.

Ce fut Tyron, qui en héro, vint rompre le silence pesant. Il avait dans les mains une de ces petites choses difformes que les enfants fabriquaient à l’école et qui les emplissait de fierté. Son jeune âge faisait qu’il n’était pas habile de ses mains mais, Ashray était touché. Son fils avait fabriqué ce cadeau avec sa maîtresse, sans doute à l’occasion de la fête des pères, et l’avait conservé. D’ailleurs, il se fatiguait à tout expliquer, comment il l’avait fait, avec quoi. Le vampire aux airs étrangement tendres, le pris dans ses bras, le serrant fort contre lui. Avec un sourire, il prit l’objet et lui dit :

« C’est parfait Tyron, c’est vraiment très gentil. Tu es le meilleur des enfants qu’on peut souhaiter »

L’objet avait beau n’être qu’un babiole fabriqué avec les matériaux de base, il touchait profondément Ashray. L’homme d’affaire montrait ainsi le double tranchant de sa personnalité, capable de jeter n’importe quel objet n’étant pas assez luxueux à son goût, profondément touché par un cadeau fait à la maternelle par un petit garçon. Sans doute parce que ce n’était pas n’importe quel petit garçon mais, son petit garçon.


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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Mar 6 Sep - 18:07


Keira s'attendait à une réaction. N'importe laquelle. Un regard noir, une remarque cinglante, une question, une confirmation, … N'importe quoi. Au lieu de ça, il l'ignora. Tout simplement. Keira ne savait pas si elle préférait ça ou qu'il l'envoie tout simplement boulet. Ce n'était pas la première fois. Il n'avait même pas fait mine de lui répondre pour savoir s'il avait besoin de quelque chose. Se sentir ainsi ignorée, comme si elle n'existait pas et ne valait même pas la peine qu'on lui réponde, n'était pas agréable. Il n'avait d'yeux que pour leur fils. Elle devrait être contente qu'il ne l'ait pas oublié, et qu'il ait daigné s'intéresser un petit peu à Brooklyn. En tant que mère, elle ne pouvait que se réjouir. Mais en tant que femme... C'était une toute autre question.

Il avait besoin de temps, ça, elle pouvait très bien le comprendre. Mais elle ne pouvait freiner ses sentiments ni ses envies. Elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir... triste, indésirable. Comme si elle n'était qu'un élément désagréable du décor, qu'il préférait ne pas avoir à faire. Faire face à ce genre de réaction, après avoir eu un formidable élan d'espoir vu ce qui s'était passé la veille entre eux … On pouvait qualifier ça d'ascenseur émotionnel. Elle avait plus que jamais l'impression d'avoir été utilisée comme un objet, plutôt que comme une forme... d'affection. La jeune femme avait pensé qu'elle lui avait simplement manqué, comme lui lui avait manqué depuis tout ce temps. A la place, à ce moment-là, elle se fit la réflexion qu'il aurait eu la même réaction avec n'importe qui – n'importe quelle femme qui se trouverait sur sa route.

Son cœur se serra affreusement à cette pensée et elle ne put que baisser les yeux sur la tasse qu'elle tenait entre les mains, refusant de le voir ou de croiser son regard. Refusant qu'il y lise quoique ce soit. Naïve, elle l'avait été. D'avoir l'espoir insensé que tout s'arrangerait, qu'il la croirait. Maintenant, elle prenait conscience que cela ne risquait pas d'être aussi simple. Elle eut mal au cœur à l'idée qu'il ne puisse jamais oublier, qu'il ne puisse jamais lui pardonner, qu'il puisse avoir envie de profiter de sa vie de vampire sans elle, ou qu'il ait trouvé quelqu'un d'autre. Elle se sentait étrangère à ce monde, son monde. Auquel il ne souhaiterait plus qu'elle fasse partie. Son regard se porta sur son alliance. L'idée d'être catégorisée comme quelqu'un sans importance, d'une femme comme une autre, lui ferait presque revenir les larmes aux yeux. Si elle avait eu la larme facile. Keira ne supporterait jamais d'être reléguée à un vulgaire rang. Elle ne supporterait pas de ne plus être quelqu'un d'important à ses yeux, de ne plus être la femme qu'il aimait. Pourtant, il y avait des chances pour qu'il ne ressente plus rien à son égard. Il s'agissait d'une probabilité, qu'il fallait considérer.

« … m'man ? Maman ? » La voix enfantine de son fils eut le mérite de la faire sortir de sa torpeur. On pouvait croire qu'elle dévisageait le liquide à l'intérieur de sa tasse, alors qu'elle avait plutôt les yeux posés sur son alliance – qu'elle avait remis à sa juste place le matin même, sans le porter en pendentif comme d'habitude. Inconsciemment, elle avait serré sa prise sur sa tasse. En relevant la tête et en croisant le regard de Tyron, elle relâcha la pression qu'exerçait ses doigts. « Je n'ai plus faim » se contenta-t-il de faire, minaudant en faisant sa petite moue, pour l'attendrir et l'empêcher d'émettre le moindre son de protestation. D'ordinaire, elle aurait un peu insisté gentiment. Ce jour-là, elle se contenta de poser sa tasse et de prendre le bol de Tyron. Non sans lui avoir caressé les cheveux au passage. S'il y avait bien quelque chose que ses enfants n'avaient pas à se plaindre, c'était bien de manquer d'affection. Si dans la vie de tous les jours, elle se montrait toujours réservée, ce n'était pas le cas pour ses enfants. Keira se montrait presque sous des airs de mère poule, attendrie, protectrice, toujours à leur prodiguer des marques d'affection. Après tout, il fallait bien en profiter avant que l'âge ingrat ne pointe son nez. Elle voyait bien ces jeunes qui râlaient quand leur mère faisait mine de leur faire un câlin, de vouloir les embrasser, de leur demander quelque chose. A l'heure actuelle, Tyron était accro à sa mère, réclamait des câlins, lui disait qu'il l'aimait – et elle lui rendait bien. Keira adorait son fils, tout comme elle adorait Brooklyn – qu'elle considérait, à juste titre, comme une sorte de miracle. Qui aurait cru qu'elle aurait la chance de tomber enceinte avant que son mari ne meure et devienne vampire, et stérile par la même occasion ? Au moins, ils avaient eu l'opportunité d'avoir un autre enfant – ce dont Keira sera toujours soulagée. Elle aurait été malheureuse dans le cas contraire. Jamais au grand jamais elle n'aurait songé à l'avortement, et elle espérait qu'Ash n'ait pas l'idée de le lui reprocher. Après tout, cette enfant, ils la voulaient tous les deux. Ils voulaient qu'un autre enfant rejoigne la famille avant que la différence d'âge ne soit trop importante. Keira n'avait pas oublié cette notion de famille, visiblement Ash non plus. Il se comportait comme avant, en bon père. Elle aurait juste voulu que cette attitude s'étende sur elle aussi. Les choses s'avéraient compliquées et délicates. Elle ne pouvait pas lui demander de se comporter comme avant juste le lendemain. Elle le savait et le comprenait, mais ne pouvait pas s'empêcher de ressentir des choses.

C'était saisissant de voir que le naturel revenait toujours au galop. Pendant des mois, elle s'était répété qu'il fallait qu'elle soit optimiste, qu'elle n'abandonne pas, que le temps ferait son œuvre. Etant de nature réaliste – voire pessimiste -, elle songeait déjà à l'hypothèse qu'Ashray ne puisse plus jamais ressentir quoique ce soit pour elle et qu'elle ne soit plus rien à ses yeux. Pourtant, ils n'en n'avaient même pas encore parlé ensemble. Ces non-dits qui traînaient dans l'air lui pesait énormément. Elle avait envie de crier de frustration. Elle se retenait de tout lui dire, de se serrer contre lui, de l'embrasser, de le toucher. De lui dire qu'elle l'aimait, qu'elle était désolée, qu'il lui avait affreusement manqué. Toute cette retenue l'encombrait. Seule une quelconque divinité au pouvoir pouvait savoir à quel point elle mourrait d'envie d'agir à sa guise et que les choses se passent comme elle l'entendait. Keira espérait mine de rien qu'Ash ne rechigne pas trop longtemps. Dans le cas contraire, il était fort probable qu'elle devienne folle à attendre, à ronger son frein.

Elle vida le bol de son fils, n'ayant pas le cœur à finir, et le leva. Cela lui donnait l'excuse d'être de dos, de ne pas pouvoir le regarder avec un regard de chien battu. Cela n'allait pas être une journée facile, elle le sentait. Il fallait qu'elle évite de le dévorer du regard. Plus flagrant que ça, ce n'était pas possible. Finalement, la journée se passa sans encombre. Keira avait fait en sorte qu'Ash puisse passer du temps seul avec Tyron, car c'était ce qu'il voulait. De son côté, elle s'était distraite autrement, s'occupant de Brooklyn, s'affairant lorsqu'elle l'avait couchée pour qu'elle fasse sa sieste. La jeune femme avait mit un point d'honneur à toujours occuper ses mains, d'une quelconque manière. Cela lui évitait de trop penser et de se repasser ses idées pessimistes. Ils n'avaient eu que quelques échanges, Keira n'ayant pas insisté en voyant qu'il ne souhaitait pas lui adresser la parole. Toutefois, elle ne souhaitait pas qu'il l'oublie – et qu'il oublie ses intentions. Elle s'était contentée de lui effleurer la main une fois, d'avoir posé une main sur son épaule à un autre moment. A un moment donné, elle avait failli l'embrasser machinalement mais s'était retenue. S'il devait la repousser, elle préférait qu'il ne le fasse pas devant Tyron. Alors elle avait préféré éviter de l'embarrasser. Alors Keira lui avait tourné le dos et s'était éloigné, les joues rosies et se répétant une dizaine de fois qu'elle était idiote. Vers la fin de la journée, Ashray avait même porté une nouvelle fois Brooklyn – un peu plus longtemps que l'autre fois, pour aider Keira. Celle-ci s'avérait presque certaine qu'il l'ait surpris à le regarder, et quasiment sûre qu'il ait remarqué la tendresse dans son regard. Elle n'y pouvait rien. En le voyant dans son rôle de père, elle craquait. D'autant plus que c'était ses premiers contacts avec leur fille, ce qui pour une obscure raison faisait qu'elle en était émue, attendrie, touchée. Le reste du temps, il ne s'était rien passé d'exceptionnel ni de gênant. Brooklyn étant déjà couchée, il était venu l'heure pour leur fils de se coucher. Si celui-ci rechignait à s'endormir, prétextant ne pas être fatigué – comme d'habitude, Keira n'y démorda pas. Le week-end était terminé et le lendemain, il devait retourner à l'école. Ce n'était pas comme les adultes, les enfants avaient besoin de leurs heures de sommeil. Ashray le comprenait aussi et avait été du même avis qu'elle. Après l'avoir embrassée sur le front et lui avoir dit qu'elle l'aimait, elle s'était éloignée pour laisser la place à Ashray de lui souhaiter bonne nuit. Elle garda la porte entrouverte pendant ce temps, attendant le moment où Ash quitterait la pièce. La jeune femme n'écouta que vaguement ce qu'ils s'échangeaient. Lorsque Ash sortit, Keira souhaita une dernière fois bonne nuit à son fils avant de refermer doucement la porte derrière elle. Dans le mouvement, elle prit conscience de sa soudaine proximité avec son mari – ce dernier s'étant attardé pour regarder Tyron. Sa poitrine était presque collée à la sienne et elle leva les yeux instinctivement vers son visage. En croisant son regard, elle fut incapable d'émettre le moindre son ni de bouger. Keira était bien la première à se moquer de ces filles niaises, croyant ce qu'on racontait dans les livres à l'eau de rose – comme quoi leur cœur chavirait à tout bout de temps et le fait qu'elles rougissaient sans raison. Pourtant, à cet instant, elle crut bien l'expression « voir son cœur chavirer » devenir réalité. Du moins, c'était ce qui se rapprochait le plus de ce qu'elle ressentait. Si bien que, mue par une pulsion soudaine, ne réfléchissant pas, Keira se contenta de se hausser sur la pointe des pieds et de poser sa main sur la nuque d'Ashray pour attirer son visage vers le sien. Toutefois, elle freina ses ardeurs, lui prodiguant simplement ce qu'on appelait communément un « baiser tendre ». Keira réunit tout son courage pour reculer son visage. Par étape, il faut y aller doucement, se répétait-elle inlassablement. Keira baissa les yeux, finit par lui prendre timidement la main puis le regarda de nouveau, le temps de lui demander d'une petite voix « Tu viens ? ». Une invitation implicte, mais plus qu'équivoque. Keira ne comptait pas le laisser croire qu'elle avait des intentions purement amicales. Elle voulait qu'il comprenne qu'elle voulait autre chose, qu'elle voulait qu'ils soient comme avant. Qu'ils se réconcilient. A défaut de pouvoir lui dire, qu'elle l'aimait et qu'il lui manquait, elle se contentait de lui montrer autrement. Par tous ces petits gestes. Keira ne voulait pas le laisser partir. A cet instant, elle espérait plus que tout qu'il resterait avec elle. Maintenant qu'ils avaient « renoué » et dormi ensemble, elle n'était pas prête de s'en passer. Cela faisait plus d'un an. Une éternité. Keira ne pouvait plus se passer d'Ashray plus longtemps.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Mer 7 Sep - 22:18


I'm still alive
  ft. ASHRAY & KEIRA



... without you

Toutes les pensées d’Ashray se dirigeaient vers son petit garçon, son trésor qui lui avait manqué tout ce temps. Il ne faisait pas attention à Keira, ils avaient encore beaucoup de choses à se dire, à s’expliquer et, le vampire n’en n’avait pas envie. Son regard azuré n’était plus tellement une fenêtre sur son âme. Si ses iris brillaient, une partie de lui restait méfiante, anxieuse. Cette caractéristique naturelle et importante dans ses affaires s’était retrouvée exubérée avec le vampirisme. Chaque instant depuis sa transformation était gravé dans son esprit et, il ne pouvait faire comme si tout ne s’était pas passé, comme s’il était simplement revenu d’un voyage d’affaire longuet.

Pendant la journée, il s’éclipsa assouvir ses besoins de buveurs de sang. Il prit également un peu de temps pour passer quelques coups de fils, un verre de whisky sous les yeux. Le liquide ambré remplit plusieurs fois le même verre sans véritablement toucher à la conscience de son consommateur. Cette heure passée seul lui permit de réfléchir à beaucoup de problèmes peu communs dans un décor des plus banals. Le bar avait ses clients habituels et des discussions qui ne volaient pas bien haut. Les pensées du col blanc avaient une toute autre dimension. Bien sûr, il pensait à cette histoire de chasseurs. C’était hors de question de les laisser sévir, encore plus de ne pas tomber dans un de leur piège sournois. Mais, le cœur de ses pensées était encore une fois, sa famille. Les évènements qui s’étaient déroulés dans la soirée et la matinée s’étaient avérés bien différents de ce qu’il avait pu imaginer dans ses soirs de désespoirs. Keira lui laissait un accès libre à Tyron et même à cette petite nouvelle à laquelle il ne s’était pas encore habitué. En résumé, tous les plans et toutes les stratégies passées devant ses yeux pendant ses nuits d’insomnies se révélaient parfaitement inutiles, caduques.

Discuter avec Keira restait la meilleure chose à faire. Visiblement, il y avait beaucoup de choses dont il n’était pas au courant. Malheureusement, il n’était pas vraiment pressé de faire avancer les choses pour la simple et bonne raison qu’il ne se sentait pas maître de la situation. Cette impuissance qu’il ressentait n’était pas imaginaire, loin de là. Keira restait la mère de son enfant … de ses enfants. Ainsi, elle disposait d’un pouvoir très fort sur eux et sur lui. Mais, quand il regardait dans ses yeux, il ne voyait qu’un étrange désir, comme une supplication.

Plusieurs verres descendus, il reprit le chemin vers la maison de Keira. Sa bague de jour le protégeait du soleil de l’été tant attendu par les enfants lassés des bancs d’école. Pour obtenir cette dernière, il avait tout simplement fait trancher le doigt d’un vampire. Pourquoi donc devoir s’imposer une dette à une sorcière quand ces bijoux magiques existaient sur le marché. Cet acte montrait bien qu’Ashray n’était pas vraiment un enfant de cœur, capable du pire dans ses colères noires. Pourtant, face à Keira, il lui arrivait de se comporter comme un ado ayant un coup de foudre pour la pompom girl la plus mignonne du lycée.

Lorsqu’il franchit le petit portail du jardin, un demi-sourire éclaira son visage en voyant Tyron jouer avec ses voitures dans le jardin sous le regard protecteur de sa mère. Brooklyn devant sans doute être endormie, les bébés de cet âge passaient leur temps à ça de toute façon – et à empêcher les parents de mener une nuit complète pourtant bien méritée- il l’avait appris alors que Tyron était aussi à cet état larvaire.

Plus tard dans la soirée, il prit de nouveau sa petite fille dans ses bras, avec plus d’aisance que la première fois. Keira le regardait comme une femme en régime regardait un gâteau au chocolat, avec un mélange de frustration et d’amour infini. Il la connaissait et savait à quel point sa femme était une mère poule qui couvait ses enfants sans pour autant s’asseoir dessus (heureusement me direz-vous). Le reste de la soirée se passa tranquillement, Tyron accepta même de manger ses légumes pour faire plaisir et rendre fier son paternel qui lui avait tellement manqué. Il fit quelques caprices pour ne pas aller dormir mais, s’y rendit au final. Malgré l’énergie débordante dont pouvaient disposer bien des enfants, ils avaient toujours besoin de s’endormir à un moment pour mieux courir dans tous les sens le lendemain.

Lorsqu’il quitta la chambre de son petit garçon, il fut surpris par un élan de sa femme qui l’embrassa tendrement. Visiblement, elle avait moins bien supporté que lui le principe du jeu de la journée qui avait consisté à un évitement. Il ne s’en offusqua pas et ne la repoussa pas. Il se montra également coopératif quand elle le prit par la main, l’invitant à aller se coucher dans la chambre. Un coup d’œil rapide à ses yeux lui indiqua que ce n’était pas pour jouer de la même façon qu’hier.

Néanmoins, il la suivit sans discussion, un peu plus calme, un peu plus enclin à des discussions, voire des négociations. Dans la suite parentale qui était bien loin de disposer du luxe et de l’espace que celle de leur ancienne vie, le vampire resta debout, fixant sa femme. Presque épuisé, il s’assit sur le bord du lit, Keira à côté de lui, leurs doigts toujours noués. Visiblement, c’était le bon moment pour enfin mettre les choses au clair, d’un côté comme de l’autre.

« Alors ? », commença-t-il « Qu’est-ce que tu as à me raconter pour avoir des yeux de biches pareils ? »

Keira avait cette fâcheuse habitude de regarder son mari avec de grands yeux – ressemblant à ceux de merlan frit pour quiconque n’était pas habitué – lorsqu’elle avait le cœur lourd pour une quelconque raison. Habitude qui réussissait généralement à le faire craquer ou au moins, céder du terrain.


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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Jeu 8 Sep - 8:48


Un peu plus, et son cœur s'envelopperait d'un cocon duvutueux. Elle se sentit soulagée de voir qu'Ashray ne la repoussait pas. De la même manière qu'il ne la repoussa pas lorsqu'elle lui prit la main. Comment ne pas avoir des petites vagues d'espoir ? Elle voyait que les petites choses qu'elle faisait ne le dérangeait pas plus que ça. Si on procédait par étape, petit à petit, la situation s'arrangerait. C'était certain... Non ?

Arrivés dans leur chambre, Ashray resta quelques secondes debout, en train de la fixer. C'était impressionnant la façon dont elle se sentait toute petite face à lui, toute intimidée. Alors qu'ils étaient mariés, qu'ils se connaissaient mutuellement. Personne n'avait le mérite de la mettre dans cet état là. Tout simplement parce qu'elle l'aimait. L'amour, quelle plaie, parfois. Finalement, il choisit de prendre place sur le lit, en position assise. Keira suivit le mouvement, leurs mains toujours liées. Cela lui mettait du baume au cœur, rien que de faire ce petit geste. Pour certains, ça devait paraître risible, insignifiants, mais dans une telle situation, cela signifiait pas mal de choses. Keira y voyait un signe d'amélioration, d'espoir. Rien que de pouvoir lui tenir la main après un an et demi de séparation la rendait heureuse. Quand on aimait quelqu'un, il fallait savoir apprécier ce genre de petites choses.

« Alors ? », commença-t-il « Qu’est-ce que tu as à me raconter pour avoir des yeux de biches pareils ? »

Elle avait envie de se blottir contre lui, rien qu'en le regardant dans les yeux. C'était terrible, elle n'allait jamais y arriver si elle craquait avant. Keira, soudain muette, baissa les yeux sur leurs mains entrelacées, ces mains qui abordaient leur alliance respective. Jusqu'ici, elle avait éprouvé de l'impatience à l'idée de mettre toutes les choses au clair, maintenant qu'elle s'y trouvait, l'appréhension lui nouait la gorge. S'il ne lui pardonnait jamais ? S'il ne comprenait pas ? S'il allait lui en vouloir encore plus ? Il était inutile de songer au plus négatif. Dans tous les cas, il fallait éclairer la situation pour pouvoir en parler, régler les problèmes. Alors, Keira se jeta à l'eau. Elle prit son courage à deux mains pour le regarder dans les yeux, histoire de renforcer l'impact de ses paroles. « La première chose que tu dois savoir, c'est que ce jour-là, je t'ai menti. Du début jusqu'à la fin » avoua-t-elle. Elle laissa passer quelques secondes, le temps qu'il imprime bien ce qu'elle venait de lui confier. La jeune femme détourna les yeux, se faisant la réflexion qu'elle ne pourrait aller jusqu'au bout si elle regardait Ashray dans les yeux – il la déconcentrait trop. Au final, elle lui confia que le jour même, en allant chercher Tyron, elle s'était rendu compte qu'il n'était pas là. Keira lui raconta qu'elle s'apprêtait à appeler son mari, mais qu'elle avait reçu un appel à ce moment-là. Son père. Elle lui rappela l'une de leurs dernières conversations, juste après que son père soit passé dans leur maison, appercevant Ashray dans son nouvel état. Ash lui avait dit qu'il finirait par l'accepter, Keira n'avait rien rétorqué, sachant au fond qu'il finirait par agir d'une manière ou d'une autre. Il n'avait pas perdu son temps. La chose était simple : Ashray ou Tyron. Keira voyait bien qu'il était crispé. En tant que parent, apprendre qu'on s'était emparé de son enfant devait être l'une des pires angoisses. Elle se sentit obligée de le « rassurer », son père avait beau avoir ses défauts, jamais il n'aurait touché à un seul cheveux de Tyron, et c'était ce qui l'avait empêché de piquer une crise. Le temps lui manquait : Il fallait qu'elle prenne une décision rapidement. La jeune femme lui avoua qu'elle ne pouvait pas lui dire, que dans son état de nouveau vampire, les émotions se retrouvaient exacerbées, qu'il aurait craqué et serait parti chercher Tyron lui-même, et que Keira n'aurait pas eu la force (physique, précisons-le) de le retenir ; qu'il aurait payé son impulsivité de sa vie. C'était ce qu'attendait précisément son chasseur de père. Paniquée, angoissée, Keira ne pensa qu'à une issue : Eloigner Ash, pour faire croire à son père qu'elle s'était rangé de son côté, pour retrouver Tyron et rejoindre Ashray. Elle lui souligna qu'elle pensait que ce ne serait qu'une affaire de deux ou trois jours, qu'il fallait qu'elle se montre convaincante pour qu'il accepte de s'éloigner et ne nourrisse pas de soupçons. C'était sa manière à elle de le protéger, de les protéger tous les deux. Etant tout bonnement incapable de choisir entre les deux, ni de tuer son mari, cela se présentait comme la meilleure solution.

Keira lui rapporta vaguement la conversation qui suivit avec son père, par intermédiaire, qu'elle avait menti en disant qu'elle avait essayé de tuer Ashray, qu'il s'était enfui en étant persuadé d'être traqué et qu'il réussirait à se fondre dans la masse et à disparaître. Qu'il la connaissait et savait comment l'éviter. Qu'il était inutile de partir à sa poursuite. Keira lui dit qu'elle pensait sincèrement que cela suffirait, qu'il lui rendrait Tyron. Cela n'avait pas été le cas. Ashray toujours en vie, elle devait se racheter d'autres façons. Keira ne pouvait espérer récupérer Tyron de ses propres moyens ; si elle tentait quoique ce soit, son père l'apprendrait et elle pouvait être certaine que ni Ashray ni elle ne le reverrait jamais. Son père avait la position, les relations et les moyens pour. Keira l'avait sous-estimé, pensant qu'il s'attendrirait, que le fait qu'elle ait chassé Ash suffirait. Il n'était plus question de faire la moindre erreur. Elle lui souligna qu'elle ne pouvait pas le retrouver ; qu'on la surveillait étroitement et que si elle mettrait la main sur lui, les chasseurs le sauraient inévitablement et qu'ils leur tomberaient dessus. Piégée, Keira s'était contentée de faire ce qu'on lui ordonnait de faire. Keira ne précisa pas la nature de ses travaux et ne s'étendit pas du tout dessus, Ashray ne s'y intéressait guère. La jeune femme lui confia qu'elle espérait qu'Ashray finirait par venir à elle, pour chercher Tyron ou pour autre chose, et qu'elle était attentive au moindre signe qui montrerait qu'il les cherchait. Comme Ashray le savait lui-même, cela ne s'était jamais produit.

Au bout de quatre mois, quelqu'un était venu voir son père, lui révéler que son beau-fils, le mari de sa fille, avait été attrapé et était décédé. Keira lui dit qu'on l'avait fait venir, qu'il avait parlé de telle sorte qu'elle croyait qu'il s'agissait bien d'Ashray. Qu'elle ne se souvenait pas exactement de ce qui s'était passé, qu'elle s'était juste réveillée à l'hopital … enceinte de six mois. Plongée dans le déni ces derniers mois, avec tout ce qui la travaillait, il avait fallu un électrochoc pour remédier à la situation. Keira ne s'attarda pas sur cette partie non plus, évitant soigneusement de croiser le regard d'Ashray. Il était incapable d'additionner 1+1, de savoir que c'était l'annonce de sa mort qui l'avait bouleversée à ce point. Inutile pour elle de mentionner ce qu'il était capable de comprendre tout seul. Elle lui rapporta qu'elle avait revu Tyron à ce moment-là, qu'il était dans la chambre avec elle. Que son père, par la suite, avait tenu à lui parler seul à seule. Qu'elle ne l'avait écouté que d'une oreille, jusqu'à ce qu'il laisse échapper un détail qui attire son attention : Un détail qui lui apprenait qu'il ne s'agissait pas d'Ashray. Elle sut, ainsi, qu'Ashray était toujours en vie. Keira lui raconta que son père avait mal interprété sa réaction, qu'il la croyait trop émue par sa mort, alors qu'elle était juste soulagée de savoir que ce n'était pas le cas. Qu'enceinte et veuve, elle ne lui était plus d'aucune utilité et qu'il la laissait tranquille à partir de maintenant. Il jugeait la punition suffisante. Après être sortie de l'hopital, elle avait retrouvé leur maison en compagnie de leur fils. Qu'encore une fois, elle avait attendu de voir si Ashray allait venir ou non, qu'ils étaient probablement toujours surveillé et que dans son état, elle ne pouvait pas se permettre de partir à sa recherche. Qu'après seulement l'accouchement, elle s'était fait la réflexion qu'il valait mieux partir, dans une habitation moins protégée, autrepart dans les Etats-Unis, pour qu'Ashray les retrouve. Keira avait ainsi attendu que Brooklyn ait trois mois, pour partir, son père ayant totalement relâché sa vigileance. Il la crut lorsqu'elle prétendit de vouloir prendre un nouveau départ, dans une autre ville, dans une autre maison. Keira avait fait en sorte de laisser des indices plus ou moins évidents qui aideraient Ashray, une fois qu'il aurait entrepris des recherches, de les retrouver. Elle ne pouvait partir à sa recherche, déjà effrayée de laisser les enfants, mais aussi du fait que trop de temps ait passé, qu'Ashray se serait totalement volatilisé et que les recherches auraient été difficiles. Keira avait jugé préférable d'attendre que son mari ne vienne à eux.

Cela faisait beaucoup d'informations en très peu de temps. Quelques secondes s'écoulèrent, où Keira regarda Ashray. Durant tout le temps de la discussion, s'il avait eu envie de lui poser des questions ou de s'exprimer, elle lui avait répondu. Désormais, Ashray avait toutes les explications en main. Un poids immense avait quitté les épaules de sa femme, qui se sentait libérée comme jamais. Enfin, il savait tout. Elle se sentait tellement légère maintenant. Lancée dans son élan, elle sentait qu'il valait mieux continuer jusqu'au bout, qu'elle ne se découragerait pas. Ashray devait tout savoir. « Quand tu es rentré à la maison, en tant que vampire, je ne t'ai pas chassé. Je t'ai choisi, reniant mon héritage et tout ce que j'avais appris jusque-là. Et je le ferais encore » Étrangement, dans une telle situation, ses paroles ne lui semblaient pas niaises. Juste... à leur place, adéquates. Ashray ne répondait toujours pas, tant mieux. Elle pouvait aller jusqu'au bout. Ils n'avaient jamais été ce genre de couple à s'échanger des je t'aime quand l'un ou l'autre partait aux toilettes. Ce qui rendait l'impact de ces mots plus important. « Je t'aime, Ashray – ça n'a jamais changé. Tu n'es pas obligé de me répondre maintenant, je veux juste savoir s'il reste encore une chance. Je ferais n'importe quoi – du moment que tu le veuilles aussi. Ca ne peut fonctionner que si on le veut tous les deux ». Voilà, la balle se retrouvait dans le camp d'Ashray. La nervosité fit son apparition, Keira s'avérait tendue à l'extrême. Elle le fixait, attendant sa réaction, ses paroles. Son regard devait presque contenir des supplications ; au moins Ashray ne pouvait s'y tromper : Il s'agissait bien là d'un regard appartenant à une femme amoureuse. Que ce soit une réponse ou l'autre, Keira craquerait. Mais elle préférerait craquer de soulagement, de joie, que de tristesse.
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MessageSujet: Re: I'm still alive ... without you feat. Keira   Ven 9 Sep - 13:36


I'm still alive
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... without you

Ashray et Keira étaient tous les deux dans une situation compliquée. Ils devaient discuter, s’expliquer sur ce qui s’était passé. Oui, tous les couples connaissaient à un moment de leur existence copulatoire des hauts et des bas. Mais, dans ce cas précis, aucun thérapeute de couple ne pouvait les aider. Le surnaturel et les mensonges avaient faits beaucoup de dégâts qui n’étaient peut-être pas rattrapable malgré l’amour qu’ils portaient tous les deux au petit Tyron.

Keira semblait particulièrement bouleversée. Ses yeux brillaient mais, pas d’une manière positive. Ce n’était pas un jeu d’acteur, il en était certain, il la connaissait (même si à une époque il avait cru le contraire) depuis assez longtemps pour ne pas se laisser avoir. Il partait donc que toutes ses explications allaient être vraies et sincères, c’était tout ce qu’il demandait de toute façon.

Plus sa femme progressait dans son histoire, plus le niveau d’énervement d’Ashray augmentait. La haine et la colère le faisaient bouillir intérieurement alors qu’il essayait de ne pas le montrer. Ses dents étaient tellement serrées qu’il en avait mal à la mâchoire et alors qu’il gardait les bras croisés sur son torse ses poings étaient fermés d’une force qui aurait pu briser de nombreux matériaux.

Et, comme souvent, sa colère était dirigée contre une et une seule personne. Sauf que, pour la première fois depuis un an, ce n’était pas contre Keira mais bien contre son géniteur. Toute cette histoire qui avait fait tellement de mal à sa famille était entièrement de sa faute. Résultat, Ashray avait envie de le faire payer, le tuer, le torturer de toutes les façons. Le dégoût l’emplissait et il ne comprenait pas comment un homme pouvait faire subir de telles choses à sa progéniture, sa fille qu’il était censée protéger.

La colère le prenait tellement qu’il avait du mal à suivre le reste de l’histoire. Le besoin de fracasser quelque chose ou quelqu’un se faisait sentir. C’était une manière peut convenable d’évacuer sa colère mais, très courante chez les vampires qui avaient cette étrange tendance à être beaucoup plus violents. Déjà qu’humain le col blanc (le petit canard de Keira), n’était pas un enfant de cœur, l’immortalité ne l’avait pas vraiment aidé.

Malheureusement, il ne pouvait assouvir cette pulsion de violence. Le vampire n’était que dans une chambre parentale et, tout briser n’était pas très appropriée. Quand à Keira, il n’avait jamais levé la main sur elle et ne comptait pas commencer aujourd’hui, surtout maintenant qu’il savait la vérité. Résultat, il restait debout, droit comme un piquet, les muscles tendus prêt à bondir.

« Quand tu es rentré à la maison, en tant que vampire, je ne t'ai pas chassé. Je t'ai choisi, reniant mon héritage et tout ce que j'avais appris jusque-là. Et je le ferais encore »

Il descendit son regard sur elle. Malheureusement, sa colère ne se calmait pas et son regard était toujours terriblement noir.

« Je t'aime, Ashray – ça n'a jamais changé. Tu n'es pas obligé de me répondre maintenant, je veux juste savoir s'il reste encore une chance. Je ferais n'importe quoi – du moment que tu le veuilles aussi. Ca ne peut fonctionner que si on le veut tous les deux ».

Pour l’instant, ce qu’il voulait, c’était tuer son beau-père et défouler sa colère. Il ne répondit pas de suite, il avait besoin de se calmer pour que Keira ne subisse pas une haine mal dirigée. Résultat, il sortit de la chambre sans un mot, en claquant la porte sans vraiment le faire exprès. La porte principale de la maison ne tarda pas à claquer également très fort alors que le vampire disparaissait comme une ombre dans la nuit.

Il défoula ses nerfs sur beaucoup d’objets qui trainaient sur son chemin, donnant l’impression qu’une bande de hooligans avait traversé le quartier. Un pauvre type qui passait ivre lui servit de réserve de sang et son cadavre alla nourrir les poissons. Sa colère se calmait un peu malgré le fait qu’il ne pouvait la défouler sur le véritable responsable, le briser, l’exterminer.

Comme à ses habitudes, il finit dans un bar, à enchaîner le whisky, le liquide ambré ayant une grande part dans sa vie de vampire, l’aidant à se calmer. Au final, il rentra chez Keira au début de la nuit, ne faisant pas le moindre bruit. Dans la chambre, sa femme était dans le lit, les yeux fermés, sans doute qu’elle n’était pas vraiment endormie. Le temps d’un souffle, il était près d’elle et, lorsque ses yeux gris se dévoilèrent, il l’embrassa tendrement avant de lui dire avec un sourire :

« Moi aussi je t’aime et tu m’a manquée »

Il la prit dans ses bras contre son cœur, toujours déterminé à en finir avec le géniteur.


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